jeudi 11 juin 2020

LE HUB : Comment l’agilité s’est imposée aux marques







Le déconfinement, même s’il s’opère dans de bonnes conditions, ne marque pas la fin de ce pilotage à vue. « Après la gestion de l’urgence sanitaire, l’objectif à court terme est maintenant de s’adapter à une nouvelle normalité où la seule constante est l’incertitude, écrit le consultant en transformation digitale Frédéric Cavazza. Si nous commençons à nettement mieux appréhender ce contexte provisoire, personne n’est néanmoins capable de dire combien de temps il va durer. Oubliez donc vos feuilles de route et cahiers des charges, le maître-mot est l’agilité et plus particulièrement l’adaptabilité. »

Agilité. Le terme a maintes fois été galvaudé depuis la publication en 2001 du « Manifeste Agile » prônant une nouvelle méthode de développement de logiciels. Mais il s’impose aujourd’hui pour décrire la première des qualités requises pour passer les obstacles de cette période inédite. Voici 5 grandes facettes de l’agilité pour les marques.

La nécessaire rapidité d’exécution

« Le premier enseignement de cette crise ? Sous la contrainte, on arrive à être focus et à être très rapide. » Le propos est de Nicolas Gauguez, responsable Innovation au sein de Leroy Merlin, qui dresse dans FrenchWeb un bilan de la réaction de son enseigne lors du confinement. « Ce type d’événement met notre capacité d’adaptation à rude épreuve, poursuit-il. Nous nous sommes tout de suite rendu compte, dès le premier jour du confinement, que nos clients pouvaient être en difficulté par manque de produits de première nécessité. » Leroy Merlin réagit très vite. Alors que tous ses magasins viennent de fermer, l’enseigne décide de mettre à disposition, en une semaine à peine, 6 000 références de produits de dépannage (électricité, plomberie, quincaillerie…). Les clients passent commande et payent en ligne, puis viennent récupérer la marchandise sur rendez-vous. Quinze jours après, l’enseigne déploie un dispositif de drive, avec cette fois l’ensemble des références.

L’expert de la grande conso Olivier Dauvers a, lui, repéré la rapidité d’Auchan pour déployer un service de click & collect dans ses supermarchés. En 8 jours chrono, du branchement sur le back office jusqu’à la signalétique en magasin, le service était opérationnel. Un exploit pour répondre à la demande des clients. « La distribution – en particulier ses plus grandes entreprises – avait perdu avec le temps cet esprit pionnier et audacieux qui l’a longtemps caractérisée », commente Olivier Dauvers.

Dans un tout autre univers, la banque anglaise TSB a ouvert en cinq jours un tchat sur son site web. Objectif : soulager le service client débordé par les questions de clients voulant par exemple suspendre le remboursement de leurs prêts. Moins d’une semaine, c’est un temps record pour mettre en place un tel service, d’autant que la banque a fait appel, pour répondre aux questions des clients, à des salariés qui n’étaient pas habitués à travailler avec la clientèle : 250 collaborateurs dont l’activité avait été réduite avec la crise, pour la plupart en télétravail, et qu’il a fallu former à l’utilisation du tchat. Une initiative à retrouver dans notre tendance : Comment la relation client se réinvente sur de nouveaux canaux.

L’écoute des consommateurs pour prendre les bonnes décisions

L’agilité n’est pas qu’une question de rapidité d’exécution : elle trouve d’abord son origine dans l’écoute des besoins des clients. Une écoute plus ou moins formalisée selon les entreprises, reposant sur la data, le suivi des réseaux sociaux et bien sûr le feed-back des équipes en contact avec la clientèle.
Le 12 mars, avant même le début du confinement, Monoprix et Franprix (groupe Casino) lançaient, pour les personnes les plus fragiles, un service de commande par téléphone de paniers de produits permettant de tenir trois à quatre jours. Une initiative venue du terrain. « Des directeurs nous racontaient que des personnes âgées, des habitués, qui venaient parfois une, voire deux fois par jour depuis dix ans, avaient disparu des rayons ces derniers temps, par peur d’être contaminés par le virus », explique dans Le Parisien François Alarcon, directeur de la Stratégie et de l’Innovation de Franprix.

Chez Leroy Merlin, l’analyse des besoins des clients pour choisir les 6 000 références de première nécessité s’est faite à partir d’« un travail sur la data et avec le savoir-faire de nos chefs de produits et responsables de marché », indique le responsable Innovation de l’enseigne.

Outre-Atlantique, pour préparer la réouverture de ses magasins, l’enseigne de mode rue21 a, elle, choisi d’interroger directement ses clients potentiels au travers de petits quizz ludiques en ligne. À l’instar de bien des marques anticipant le déconfinement, la grande interrogation de rue21 était de savoir ce que les consommateurs voulaient trouver en magasin. Certains articles en boutique mi-mars pouvaient-ils être conservés ? Et quels nouveaux vêtements, à quel prix, mettre en magasin ? L’enseigne a utilisé la plateforme First Insight pour avoir l’avis de ses clients grâce à de petits questionnaires digitaux. Des modules ultra courts, proposés sur les réseaux sociaux, en ligne ou encore par mail, portant sur le type de vêtements attendu par les clients (short, robe, pantalon...), le style, les couleurs et le prix auxquels ils achèteraient le produit en question. « rue21 fait entrer la ‘voix du client’ dans la prise de décision, en pointant les produits qui feront des ‘Best’, et enéliminant ceux qui s’avèreront des ‘Flop’ », commente la consultante Laurence Faguer.

« Nous allons encore vivre dans l’incertitude pendant probablement 12 à 18 mois, témoigne Mark Chrystal, Chief Analytics Officer de rue21, repris par FrenchWeb. L’intuition a souvent guidé l’enseigne. Mais maintenant, nous devons utiliser des outils digitaux et des modèles prédictifs comme celui de First Insight pour avoir une vue data-driven afin de déterminer l’impact du Covid-19 sur les besoins de nos clients. » Il insiste : « Vous pouvez demander aux acheteurs leur opinion, mais je crois que la meilleure des choses à faire est de poser directement la question aux clients. »
Se tourner vers les clients pour avoir leur avis peut aussi être une source de nouveaux services. La RATP vient ainsi de déployer sur son appli une nouvelle fonctionnalité collaborative : depuis le 13 mai, les utilisateurs peuvent indiquer le niveau d’affluence dans leur rame de métro, de RER ou de tramway. L’information est utilisée par la RATP afin d’ajuster son niveau de service. Et depuis le 1er juin, l’ensemble des voyageurs faisant une recherche d’itinéraire visualisent en temps réel l’affluence sur les lignes proposées. Une fonctionnalité qui a vocation à durer après la crise sanitaire.

La capacité à nouer des partenariats

C’est un accord qui aura marqué le monde du retail lors du confinement : ayant dû fermer ses magasins, Decathlon a mis en vente une sélection de produits chez Franprix et surtout chez Auchan. Dans cette enseigne qui fait aussi partie de la galaxie Mulliez, les ouvertures de corners se multiplient depuis le 21 avril. Le partenariat était dans les cartons depuis un moment, mais il s’est accéléré avec la fermeture des magasins Decathlon. Auchan est aussi gagnant avec ce deal : il trouve là un moyen de redynamiser la partie non alimentaire de ses hypermarchés, en perte de vitesse depuis plusieurs années. L’ouverture de corners et de shop-in-shop est d’ailleurs une tendance de fond dans la grande distribution. Une Fnac dans un Intermarché, un Go Sport dans un Géant Casino, un magasin Boulanger au BHV… C’était une de nos Tendances de l’an dernier : Shop-in-shop : l’essor des magasins « poupées russes ».

Nouer les bons partenariats contribue à l’agilité des marques. Cette stratégie permet d’apporter un nouveau service, d’acquérir un savoir-faire ou d’investir un nouveau marché en diminuant les risques et les investissements. Le confinement a vu la naissance d’un nouveau type de partenariat entre startups et enseignes traditionnelles. Alors que l’on voyait surtout ces dernières années des startups venir aider des grands groupes à se digitaliser, Boulanger est, lui, venu soutenir Hellocare. Cette jeune pousse française spécialisée dans la télémédecine a en effet dû faire face à un pic inédit de son activité, le nombre de téléconsultations ayant explosé. Pour répondre aux questions des patients sur l’utilisation du service (Comment paramétrer sa webcam ? Quelnavigateur utiliser ? Etc.), Boulanger a mis à disposition de Hellocare une partie des équipes de son service client via un numéro dédié. « Boulanger a été très réactif. Leur aide nous a permis de sortir la tête de l’eau », explique Mathilde le Rouzic, cofondatrice de Hellocare. Pour Boulanger, ce soutien a été un moyen de se rendre utile au plus fort de la crise sanitaire. Cela a aussi été un moyen d’acquérir de l’expérience dans l’accompagnement des utilisateurs dans le domaine des téléservices, un secteur promis à se développer.

La réinvention des canaux de vente

À l’instar de Decathlon qui s’est installée chez Franprix et Auchan, toutes les enseignes et les marques ont dû trouver des solutions pour continuer à distribuer leurs produits. Cela s’est traduit par l’explosion du drive dans tous les secteurs (lire notre Dossier Retail : la nouvelle donne phygitale). Les marques se tournent aussi vers la vente en direct aux consommateurs.

Ayant souffert de la fermeture des magasins non alimentaires qui constituent son circuit traditionnel de distribution de stylos, papeterie et briquets, Bic mise ainsi sur le e-commerce pour se relancer. Objectif : augmenter de 20 % son chiffre d’affaires réalisé en ligne. « Alors que cette crise sanitaire génère des défis sans précédent, elle nous offre également l’opportunité d’accélérer notre transformation vers une entreprise plus agile et plus centrée sur le consommateur et nous entendons sortir plus forts de cette période », fait valoir Gonzalve Bich, directeur général de Bic.
De grands groupes agroalimentaires sont aussi bien décidés à tirer profit de l’engouement actuel des consommateurs pour le e-commerce. Au Royaume-Uni, Heinz vient de lancer « Heinz to Home », un service de vente en ligne de ses produits phares (ketchup, soupes, boîtes de haricots…). Aux États-Unis, PepsiCo a mis en ligne deux boutiques, PantryShop.com et Snacks.com, permettant de se faire livrer des friandises, des snacks et des boissons.

Mais dans certains secteurs, créer de simples canaux de distribution ne suffit pas : la vente est aussi question de conseil et d’accompagnement. Alors, pour garder la relation avec leurs clients, plusieurs marques ont lancé, parfois en quelques jours, des services de visioconférence. Madura, l’enseigne de rideaux et de décoration, a par exemple créé Madura@home, un service de conseil vidéo à distance reposant sur Google Meet.

Chez les Galeries Lafayette Paris Haussmann, ce service a pris le nom d’« Exclusive Live Shopping ». Le client dialogue en vidéo avec un personal shopper présent dans le magasin qui l’accompagne dans ses achats d’articles de luxe. Un service haut de gamme disponible en plusieurs langues. « Nous croyons profondément au commerce omnicanal, et la crise sans précédent que nous venons de traverser nous a poussés à faire preuve d’une extrême agilité et créativité. Nous poursuivons un objectif clair, celui de rendre l’offre de notre flagship du boulevard Haussmann accessible au plus grand nombre, au-delà de ses murs », indique Alexandre Liot, Directeur des Galeries Lafayette Paris Haussmann.

L’avènement du test & learn : expérimenter pour innover

Contraintes de réagir rapidement avec peu de visibilité, les marques ont dû revoir leurs certitudes et leurs process. Fini le « command & control » où les équipes doivent déployer sans sourciller les décisions de la direction générale, vive le « test & learn » pour valider une hypothèse au plus près du terrain et construire progressivement une réponse adaptée en fonction du retour des clients.

Responsable communication de Castorama, Aurélie Radenac décrit dans l’ADN l’état d’esprit actuel dans le groupe Kingfisher (Castorama et Brico Dépôt) : « On est passé en mode ‘startup’, en se concentrant sur le digital, en mettant en place le télétravail à grande échelle, en accélérant les processus de décision, et en déployant le test & learn à vitesse grand V. Globalement, on y va progressivement, on teste, on se rode et on déploie. On est en processus d’apprentissage accéléré. »

De fait, depuis la mi-mars, la plupart des nouveaux services proposés par les marques ont d’abord été présentés comme relevant d’une expérimentation. Kiabi a par exemple testé dans trois de ses magasins son service de drive, une innovation dans le secteur de l’habillement, avant de le déployer dans l’ensemble de son réseau.

La démarche « test & learn » devrait perdurer au moins tant que l’horizon à la fois sanitaire et économique ne sera pas dégagé. Mais elle pourrait bien devenir aussi la nouvelle norme, en lien avec une plus grande autonomie laissée aux équipes. « Être une entreprise agile implique de faire confiance aux collaborateurs et d’accepter l’idée que l’on ne sait pas tout et qu’il faudra s’adapter au fil des mois, pointe Frédéric Cavazza. Plus facile à dire qu’à faire, car l’essentiel de la valeur créée dans les entreprises est issu d’activités récurrentes, celles qui reposent sur de nombreux processus que personne ne sait ou n’a envie de faire évoluer. (…) La bonne nouvelle est que… nous n’avons pas le choix ! »

mardi 9 juin 2020

Malene Rydahl : Je te réponds ... moi non plus




AUTEUR, CONFÉRENCIÈRE, EXECUTIVE COACH, GOODWILL AMBASSADOR

Malene Rydahl est née danoise mais vit à Paris depuis plus de 20 ans et a acquis la nationalité de son pays d’adoption. Elle est auteur, conférencière et executive coach spécialisée dans les thématiques du bien-être et de la performance en entreprise, inspirées par le modèle du management danois.


« JE TE RÉPONDS …MOI NON PLUS «

L’ART DE RÉPONDRE ET COMPRENDRE LES NON-RÉPONSES À L’ÈRE DIGITAL





lundi 8 juin 2020

Gérard Araud : « On s’achemine vers une nouvelle guerre froide entre les États-Unis et la Chine »

Gérard Araud : « On s’achemine vers une nouvelle guerre froide entre les États-Unis et la Chine »

Gérard Araud : « On s’achemine vers une nouvelle guerre froide entre les États-Unis et la Chine »


Pour Public Sénat, une personnalité politique ou intellectuelle s’interroge sur le « monde d’après ». Le diplomate Gérard Araud analyse une crise internationale qui entraîne un « rééquilibrage des puissances », et appelle à un renforcement du multilatéralisme.

Qu’est-ce que le coronavirus a provoqué sur la scène internationale ?
Cette crise amplifie les tendances constatées ces dernières années. La plus évidente est notre gestion de la relation avec la Chine. Pékin était la première puissance mondiale jusqu’en 1750. Elle est désormais pleinement de retour sur la scène internationale, et s’impose comme l’une des deux grandes puissances.
 
Comment allons-nous gérer ce changement géopolitique majeur ? 
Pour le moment, nous le gérons très mal. On s’achemine vers une nouvelle guerre froide. Or, si la guerre froide avec l’Union soviétique était quelque chose de sérieux, le conflit avec la Chine s’engage dans des circonstances plus inquiétantes encore, car nos économies sont désormais profondément intégrées.
 
Mais la gestion de la crise par la Chine et ses mensonges sur le virus ne sont-ils pas au contraire le signe que le régime de Pékin n’est pas encore prêt à assumer le leadership au niveau mondial ?
En effet. Beaucoup décrivent la Chine comme une espèce de monstre ayant un projet politique de domination du monde. Cela ressemble à ce qu’on disait des Japonais dans les années 1980. Cette analyse, aux accents quelque peu racistes, est une grave erreur. Il faut garder en tête que la Chine a d’énormes problèmes intérieurs. Sur le plan démographique, financier et économique les indicateurs ne sont pas si bons qu’on le dit.
 
La principale puissance pour les décennies à venir restera les États-Unis. Après plusieurs décennies d’humiliation et de conflit avec ses voisins, Pékin  tente actuellement de se pousser en avant, et essaye progressivement de changer la donne. Washington cherche à contenir cette poussée. Ce que l’on constate aujourd’hui, c’est un rééquilibrage des puissances. Or, il n’y a rien de plus dangereux en géopolitique que ces moments d’adaptation de l’équilibre.

Comment interpréter l’attitude des États-Unis sur la scène internationale depuis le début de la crise sanitaire ?
L’administration Trump a joué la carte électorale. Donald Trump espérait être réélu en novembre grâce à l’excellente situation économique américaine. Et puis, tout s’est effondré avec le coronavirus. L’ensemble de sa campagne électorale est désormais axé sur le slogan « ce n’est pas ma faute, c’est la faute des Chinois ». C’est primitif, mais c’est efficace. On assiste à une escalade anti-chinoise pour mobiliser l’opinion publique américaine. Il faut cependant dire que même si Joe Biden était élu lors de la prochaine élection, la diplomatie américaine vis-à-vis de Pékin ne changerait pas pour autant. Nous entrons dans une ère de confrontation globale sino-américaine.
 
Vu de l’étranger, la France a-t-elle bien géré l’épidémie ?
On a constaté que les pays européens avaient réagi de manière nationale. Chaque pays a fermé ses frontières et interdit l’exportation de produits médicaux. Tous les pays ont plus ou moins adopté les mêmes politiques, et rencontré les mêmes problèmes. De l’étranger, on retiendra que l’Italie a particulièrement souffert, que l’Allemagne s’en tire très bien et que le Royaume-Uni a sombré. Les commentateurs étrangers ne s’attardent pas sur le cas français, car la France ne s’en est pas moins bien sortie qu’un autre pays.
 
Mais en France, on sait déjà comment les choses vont se régler à la fin. Peu importe la manière dont les choses ont effectivement été gérées, tout se termine toujours sur une guillotine Place de la Concorde. C’est la manière dont les Français traitent tous les problèmes. La gestion de l’épidémie ne devrait pas échapper à la règle.
 
Comment sortir sans trop de dommages de la crise actuelle ?
Il faut tout d’abord changer notre approche vis-à-vis de la Chine. Si on laisse les Américains et les Chinois se regarder en chiens de faïence, nous sommes certains d’aller vers une période de confrontations. Nous allons nous retrouver pris entre le marteau et l’enclume. Il faut au contraire trouver une voix spécifiquement européenne à opposer aux deux puissances.
 
Deuxièmement, au lieu d’être chacun pour soi, il faut relancer l’économie mondiale, en coopérant au niveau international. Tout le monde est touché par cette crise. La Chine aussi, qu’on considère comme l’ « atelier du monde ». Or, si plus personne n’achète les produits chinois, le pays s’enfoncera dans une grave crise économique.
 
Il faut enfin renforcer le multilatéralisme. Sur ce point aussi l’Europe doit prendre l’initiative. En restant modeste, car le multilatéralisme est toujours dépendant de la bonne volonté des États. Pouvons-nous redonner une nouvelle jeunesse à la coopération internationale ? Cela implique une réforme profonde des institutions internationales. Cette refonte ne devra pas être une entreprise occidentale, mais devra se faire avec les Indiens, les Chinois, les Russes, les Brésiliens, les Africains et les autres.




vendredi 5 juin 2020

La Grande Libraire : Corine Pelluchon : réparer le monde des vivants




Professeure d’éthique et de philosophie politique à l’Université Gustave Eiffel et membre du Conseil scientifique de la fondation Nicolas Hulot, Corine Pelluchon est l’auteure de "Réparons le monde : humains, animaux, nature" (Rivages poche). Le livre reprend les articles et conférences de Corine Pellluchon qui proposent une réflexion sur la transition écologique et ce qui peut aider à modifier nos comportements à l'égard des animaux, de la nature et des êtres vulnérables.

jeudi 4 juin 2020

vendredi 29 mai 2020

Julia de Funes : Ce qui changerait tout sans rien changer






"Profitons de la rupture, du temps d’arrêt que nous impose la catastrophe pour non pas sombrer dans l’immobilisme, mais ouvrir des perspectives. La vie suppose le mouvement, l’énergie, c’est pourquoi l’ignorance ne doit pas entamer l’ambition, ni le doute la volonté. Volonté de donner une nouvelle signification à ce que l’on vit, ambition de modifier certains aspects de nos existences. Subir de plein fouet de tels remous nous impose non pas des prédictions hasardeuses, mais une exigence renouvelée de lucidité. Quelles perspectives cette période ouvrira-t-elle sur notre rapport au temps, au progrès, au travail, aux autres, à soi-même ? C’est ce que la philosophe Julia de Funès esquisse dans ces quelques pages.

mercredi 27 mai 2020

Interview de Benjamin Louvet, spécialiste des matières premières

La crise sanitaire du COVID-19 vécue dans le monde entier qui a entrainé une récession économique a également atteint le domaine énergétique. Benjamin Louvet, spécialiste des matières premières aborde l’après-coronavirus dans le domaine des énergies renouvelables, du nucléaire, ….