samedi 1 août 2020

L'été des 13 dimanches



De juillet à septembre, parrainé par Mona Ozouf et Alain Rey, le festival littéraire, l'été des 13 dimanches, réunit chaque week-end des personnalités lumineuses comme Michel Onfray, Alain Finkielkraut, Erik Orsenna, Edwy Plenel, Pascal Bruckner, Ingrid Betancourt, Michelle Perrot, Dominique Le Brun, Irène Frain, Carole Martinez et tant d'autres. 

Chaque samedi et chaque dimanche, des scientifiques (historiens, philosophes, sociologues...), des romanciers et des personnalités du réel développent leur vision d'un thème. Ce croisement des champs éclaire de manière inédite l'imaginaire et le réel. 
Cette manifestation est devenue un important relai de la démocratisation de la culture et de la lecture. 

Pour écouter et réécouter les rencontres de l'été des 13 dimanches, cliquez ici pour découvrir notre chaîne de podcasts 
https://podcast.ausha.co/l-ete-des-13-dimanches





mercredi 29 juillet 2020

JEAN-PHILIPPE ACKERMANN : L'ENTREPRISE OPTIMISTE

Ah l'optimisme... Toute une histoire ! Alors comment faire pour augmenter son chiffre d'affaire et sa compétitivité tout en restant optimiste ; la réponse tout de suite avec Jean-Philippe Ackermann, spécialiste de l'optimisme managérial.






Coach, formateur et conférencier, Jean-Philippe Ackermann est un dirigeant chevronné.   

Titulaire d’un MBA, il a créé et dirigé de nombreuses entreprises et PME au travers d’un management par le leadership, la motivation et le développement personnel.   Il a été pendant 9 ans professeur associé en Stratégie d’entreprise et Leadership auprès des Master de la faculté d’Avignon.   

Il a une devise professionnelle : « la réussite passe par le bien-être des Collaborateurs et l’optimisme du Dirigeant. »

Depuis plus de 20 ans, il conseille, avec succès, les entreprises sur ces convictions fortes.   Jean-Philippe Ackermann est également un sportif accompli avec plusieurs marathons, triathlons et cyclo sportives à son actif.   

Il est engagé dans des actions sociétales : ancien Président National de la Jeune Chambre Économique Française, puis représentant de JCI auprès des Nations-Unies, il est cadre actif du Rotary et intervient auprès de l’Institut du Leadership.   Il est administrateur de la Ligue des Optimistes de France et Co-fondateur de la Ligue des Optimistes de Monaco.   

Membre de l’Association Française des Conférenciers Professionnels, il dispense des conférences sur la réussite auprès de grandes entreprises privées ou publics.

lundi 27 juillet 2020

Déconfinement : dites bonjour à ceux que vous croisez, ils iront mieux !

Comment les Français vivent-ils le déconfinement après une longue période de privation sociale ? Quel sera le monde de demain ? Boris Cyrulnik nous livre sa vision d'avenir ....



Boris Cyrulnik


Les Français ont été confinés et sont maintenant progressivement déconfinés, avec de nouvelles règles de vie. Trouvez-vous que nous nous adaptons bien à tous ces changements et toutes ces recommandations sanitaires ?

Dans l’ensemble, je trouve que les Français suivent plutôt bien les règles sanitaires et sociales. Dans un premier temps, avant le confinement du 17 mars, le gouvernement a énoncé des recommandations pour faire face au Covid-19, mais sans faire peur aux gens… Donc elles n’ont pas vraiment été respectées au départ. Puis il y a eu l’annonce du confinement, directement suivie de cette incroyable maladresse – selon moi – du premier tour des élections municipales ; alors les Français ne se sont toujours pas trop inquiétés, car le gouvernement leur demandait d’aller voter en leur précisant de faire attention. Cela paraissait assez contradictoire. Je n’en suis pas certain, mais je pense que le Sénat a imposé au président le maintien du scrutin… À mon avis, ce n’était pas une bonne idée sur le plan symbolique. Ensuite, le gouvernement s’est montré beaucoup plus alarmant, et j’ai été étonné de voir comment les gens ont bien respecté les règles, tout de suite.

Pourquoi avez-vous été étonné ?

En général, les Français sont assez indisciplinés et sont connus pour ça… On dit que les Allemands et les Chinois sont disciplinés, mais pas les Français. Alors que là, pendant le confinement, nous avons été presque irréprochables et cela a joué un rôle prépondérant dans le contrôle de l’épidémie ; on ne sait pas soigner le virus, mais on a bien maîtrisé l’épidémie. Et puis je pense que la date du déconfinement a été bien choisie, malgré toutes les controverses. Pourquoi ? Il fallait confiner la population pour arrêter la propagation du virus, mais si on avait prolongé le confinement, il y aurait eu plus d’effets secondaires néfastes que de bénéfices. Et en médecine et en santé, quand il y a plus de préjudices que de bénéfices, eh bien, on ne prescrit pas le « traitement » !

Pour les effets secondaires, je suppose que vous faites allusion à toutes les personnes qui se sont retrouvées dans des situations matérielles, physiques ou psychologiques difficiles pendant le confinement et qui en ont beaucoup souffert ?

Oui, les conditions du confinement étaient telles que cela nous a protégés du virus. Mais dès les premiers jours, on a observé un effet néfaste remarquable : la violence conjugale, voire familiale. Celle-ci est relativement contrôlée en temps normal, quand le couple ou les membres de la famille se séparent toute la journée pour aller travailler, voir d’autres personnes et simplement mener leur vie. Mais le confinement a provoqué deux effets : une augmentation du temps passé ensemble et une privation du regard social, terreaux de l’agressivité. Statistiquement, dans la violence conjugale, c’est 80 % d’hommes agresseurs et 20 % de femmes ; c’est un point faible de la condition humaine et une des premières manifestations visibles du confinement.

Ensuite, il y a eu, il y a, et il y aura encore, pendant des mois, voire des années, des conséquences psychologiques de tous ces changements de vie, auxquels nous devons nous adapter. Troubles du sommeil, anxiété, isolement, dépression, addictions, stress post-traumatique… Surtout pour les personnes qui avaient acquis, avant le confinement, des facteurs de vulnérabilité : mauvaise maîtrise du langage, mauvaise socialisation, donc « petit » métier et souvent « petit » logement. D’où une « hyperdensité » du confinement. Or on sait aujourd’hui en éthologie que l’hyperdensité est un stimulus de stress constant, donc un facteur de violence. Même dans un couple qui fonctionne bien ou entre des individus qui ne souffrent d’aucune pathologie, l’hyperdensité augmente l’agressivité. 

À l’inverse, les individus qui, avant le confinement, étaient bien socialisés et avaient acquis des facteurs de protection – bonne maîtrise du langage, diplôme, donc « bon » métier et souvent grand logement – n’ont pas beaucoup souffert du confinement. Voire l’ont apprécié. Beaucoup d’amis me disent qu’ils en ont profité pour se reposer, augmenter le télétravail, se remettre à la guitare… et ils craignent peu le déconfinement. Donc ces gens-là vont s’en sortir sans traumatisme, contrairement à ceux ayant des facteurs de vulnérabilité !

Propos recueillis par Bénédicte Salthun-Lassalle   


Roger-Pol Droit : Voltaire et Rousseau, une amitié impossible




Ecrivain, philosophe, chroniqueur, Roger-Pol Droit a répondu aux questions de Léa Salamé dans la crypte du Panthéon, entre Voltaire et Rousseau.

Philippe Gabilliet : changer de vie, un art pas comme les autres




Professeur de Psychologie et de Management à ESCP Europe (Paris). Chargé de cours à l’ESA Beyrouth (Liban). Conférencier et coach de dirigeants.

Docteur en sciences de gestion, diplômé de 3ème cycle en sciences politiques, diplômé de Sciences-Po Bordeaux.

Après un début de parcours universitaire dans le champ de la recherche en science politique, Philippe Gabilliet choisit au milieu des années 80 de faire ses premières armes dans le métier de consultant. Il se spécialise alors dans la motivation et le management des équipes opérationnelles, en particulier commerciales, domaine où il développe ses premières expertises professionnelles.

Au début des années 90, il quitte le monde du conseil pour celui de la grande entreprise et prend la direction du service de l’Action Commerciale « grand public » de CNP ASSURANCES (Groupe CDC).
Après quelques années, le virus de l’enseignement et de la recherche-action le rattrape, et il rejoint le corps professoral de l’ESCP (puis ESCP Europe) en 1995, tout en poursuivant son activité de conférencier et de coach auprès des comités de direction et de leurs dirigeants.

Philippe Gabilliet est porte-parole de la Ligue des Optimistes de France et président honoraire de l’association internationale Optimistes sans frontières (ASBL).

Il est aussi co-fondateur et président de l’Académie Francophone des Auteurs et Conférenciers d’Entreprises (AFACE)

Etienne KLEIN : LE GOÛT DU VRAI

Le palmarès de L'Express : le carton de Gallimard avec ses "Tracts"






La collection de courts essais à petit prix, lancée par Gallimard il y a un an, a tiré parti de la crise sanitaire et trace plus que jamais sa route.

Le jour même de la parution de son nouveau livre, le 2 juillet, le célèbre physicien Etienne Klein a eu les honneurs de la matinale de France Inter et, le soir, de l'émission 24 heures Pujadas sur LCI. Résultat, Le Goût du vrai se propulse d'emblée à la troisième place de notre palmarès des essais et documents. Son succès confirme celui de l'ensemble de la collection "Tracts", lancée par Gallimard en février 2019, qui se propose d'offrir une tribune très libre à des personnalités intellectuelles réputées à travers de brefs essais - imprimés sur du papier recyclé et vendus à petit prix (3,90 euros).  

D'autant que l'éditeur a su s'adapter à la crise sanitaire en mettant gratuitement à disposition chaque jour durant le confinement un de ses "Tracts de crise", des textes courts (5 pages) en version numérique signés par près de 70 écrivains aussi divers que Johann Chapoutot, Régis Debray, Catherine Cusset, Cynthia Fleury, Pierre Jourde, Sylvain Tesson ou Arundhati Roy. Leur recueil, sous-titré Un virus et des hommes. 18 mars / 11 mai 2020, est désormais disponible en librairie. Les bénéfices et les droits d'auteur seront intégralement versés à la Fondation de l'AP-HP.


Par Delphine Peras,
publié le 14/07/2020L'Express

mercredi 22 juillet 2020

WE DEMAIN : La pandémie peut-elle remettre en question notre dépendance au pétrole ?

Le Covid-19 provoquait un choc pétrolier entre mars et avril. Le monde d’après va-t-il apprendre à s’affranchir de l’or noir ? Nous avons posé la question à la climatologue Corinne Le Quéré et à l’économiste Joseph Stiglitz. 


Extraits.

C’est un "petit virus" qui a mis l’industrie pétrolière à genoux. Lundi 20 avril, à New-York, le cours du baril de pétrole brut (159 litres) tombait à -37,63 dollars. Du jamais vu : le baril de brut new-yorkais n'était jamais tombé sous le seuil des 10 dollars depuis sa création en 1983. 


Derrière ce prix négatif aberrant, un mécanisme économique très simple : le ralentissement de l'économie mondiale a drastiquement fait chuter la demande d’or noir, mais la production, elle, n’a pas suivi. 


Quelles conséquences ces deux crises – sanitaire et pétrolière – peuvent-elles avoir sur notre dépendance aux énergies fossiles ? Et, plus largement, sur notre modèle de production ? 


We Demain s’est entretenu avec Corinne Le Quéré, présidente du Haut-Conseil pour le climat, et Joseph Stiglitz, Prix Nobel d’économie 2001.  




We Demain : Quel impact cette chute du prix du pétrole pourrait-elle avoir sur les politiques de relance ?


 


Corinne Le Quéré : Ce faible prix a trois inconvénients pour la transition : il rend les énergies renouvelables moins compétitives ; il peut accroître les émissions "importées" de la France, en raisonde laforte incitation à consommer pour les pays dont les émissions ne sont pas limitées par des engagements ; il masque les difficultés structurelles du secteur pétrolier et donc l’enjeu de sécurité énergétique pour la France. Car s’il faut réduire les émissions nationales de GES, il faut aussi réduire le plus rapidement possible notre dépendance au pétrole et au gaz. Cela doit être intégré aux mesures de relance, en dépit du bas prix du pétrole. 


Pour le moment, ce prix faible permet de reconvertir les exemptions fiscales et autres subventions aux énergies fossiles. Et il souligne l’urgence d’établir un prix plancher au système européen d’échange de quotas carbone, pour que le signal prix ne s’écroule pas durant la crise. 

   


Cette crise sanitaire dramatique ne va-t-elle pas nous obliger à repenser le capitalisme ?





Joseph Stiglitz : Elle va nous faire profondément réfléchir à notre modèle. Dans tous les pays capitalistes, nous allons devoir prendre conscience de notre grave sous-­estimation de l’importance du rôle de l’État, des services publics, de l’action collective, de l’aspect protecteur de la communauté, de notre dépendance à la recherche, des dispositions de la santé pour tous, de la lutte commune contre le changement climatique. 


Nous allons devoir réfléchir à la profonde décomposition du capitalisme. Trop égoïste, trop obsédé par le marché et le profit à court terme, trop dépendant du monde des actionnaires, trop inégal. On a besoin de perspectives plus sociales, plus collectives, et inévitablement de plus fortes régulations, tant financières qu’écologiques. 


On le voit aujourd’hui, le capitalisme tel qu’il a évolué ne fonctionne plus. C’est criant dans le domaine environnemental, avec toutes ces compagnies pétrolières qui causent d’énormes dégâts écologiques sur la planète et dans les océans, sans cesser d’amasser les profits, alors que le fardeau des risques et des nuisances est à supporter par le public. 


Les industries minières sont elles aussi dans le déni des effets négatifs de leur exploitation des ressources géologiques, elles persistent à nier le réchauffement climatique et tentent d’en persuader le public en soudoyant de prétendus « experts ». Ce comportement me rappelle celui des compagnies de cigarettes, qui connaissaient l’extrême dangerosité de leurs produits, mais l’ont niée des années durant. Moi, j’appelle cela de la turpitude morale. La crise du capitalisme est autant morale qu’économique. On va voir en 2020 ce que vont nous dire les capitalistes qui ont précipité la crise de 2008 ! 


Entretien : Antoine Lannuzel / Frédéric Joignot I Publié le 16 Juillet 2020