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vendredi 15 septembre 2023

15 septembre 2023: parution du livre de Raphaêl LLorca "Le roman national des marques"

 
Découvrez, ce jour, le dernier livre de Raphaël LLorca 
"le roman national des marques", le nouvel imaginaire français, aux éditions de l'Aube

Raconter la France d'aujourd'hui



Qui, aujourd’hui, raconte la France? Plus personne, répondent les Français, qui ne cessent de reprocher aux politiques leur incapacité à porter un discours cohérent et articulé sur ce qui travaille le pays en profondeur : ses idéaux, ses valeurs, sa sensibilité, mais aussi ce qui nous divise et ce qui nous rassemble encore. Cette défaillance narrative, au cœur du malaise français, ouvre l’espace à de nouveaux conteurs, souvent négligés lorsqu’il s’agit d’ana­lyser la société française contemporaine: les marques commerciales. 


Ce livre solde cinq années de travail sur la dimension politique des marques, en l’abordant par un angle original : le récit national. L’idée forte de ce livre, c’est que les prises de paroles de Renauld, SNCF et autres McDonald’s influencent subrepticement la manière dont nous nous représentons la France et les Français. Pour étudier l'effet de ce « roman national des marques » sur le paysage mental contemporain, l’auteur s’appuie sur une enquête exclusive de l’IFOP (« Qui raconte la France ? »), commentée avec Jérôme Fourquet, ainsi que sur de solides outils de sciences sociales (linguistique, sociologie, théorie littéraire, sciences de la communication).


En savoir plus sur www.raphaellllorca.fr




Vous souhaitez faire participer les collaborateurs de votre entreprise à une conférence ou visioconférence animée et dirigée par des conférenciers professionnels ? cliquez ici.





dimanche 28 novembre 2021

27 novembre 2021 - Laurent Kupferman à l'honneur dans LA Times

 

LOS ANGELES TIMES

How an American in Paris won the rarest of French honors


PARIS — Laurent Kupferman has been obsessed with Josephine Baker for nearly a decade, reading everything he could about a woman whose life story was so improbable, so American and yet so French.

She was a Black entertainer who escaped American racism in the 1920s by moving to Paris, the one place she felt free to make history in pushing the boundaries of art and advocacy. The singer and dancer even helped France fight the Nazis.

This year, Kupferman began to think that his country — and the rest of the world — needed Baker as much as he did.

“Racism is very high. Antisemitism is very high. Hate is very high,” said Kupferman, who is an essayist and public relations professional for an autism advocacy group in Paris. “And she was fighting against that. And she did it with her art.”

Kupferman in April revived an effort to win Baker, who died in 1975, the rarest of French honors — enshrinement in the Pantheon in Paris. On Tuesday, Baker will become the 81st person to be buried or enshrined in the 18th century monument dedicated to honoring the French ideals of liberty, equality and fraternity.

Contrary to some media reports, she will not be reinterred in the Pantheon but rather memorialized with a cenotaph containing soil from various places where she lived. Baker will be just the sixth woman, first woman of color and first American-born person to join the likes of Marie Curie, Victor Hugo, Emile Zola and Voltaire.

Kupferman was not the first person to propose this honor for Baker, but his endeavor quickly succeeded where others had failed. As he made the case for Baker’s healing power, he would learn he had a surprising and powerful backer, one who had the authority to honor Baker and had grown up listening with his grandmother to the warbling jazz singer’s records.

The effort also landed at a moment when France, like the United States, has been wrestling with questions of racial identity and how it has acknowledged the contributions of influential people of color. The Black Lives Matter movement and the 2016 death of a Black man in police custody in a Paris suburb sparked protests here, along with increasing questions about whether France’s officially colorblind philosophy of universalism masks the reality of racism and religious discrimination.

“France’s recognition of Blackness always seems to be trying to send the message that it is not the United States,” said Annette Joseph-Gabriel, author of “Reimagining Liberation: How Black Women Transformed Citizenship in the French Empire.”

Read the whole article in LA TIMES









vendredi 26 novembre 2021

A l’initiative de Jean-Raymond Hugonet, sénateur de l’Essonne, un colloque est organisé sur le thème : « Léon Bourgeois, l’oublié de la République.


L’objectif est de remettre en lumière la personnalité exceptionnelle de Léon Bourgeois, d’évoquer son œuvre et ses travaux, tout en étudiant comment le solidarisme, organisation sociale et politique toujours d’actualité, est de nature à apporter une forme de réponse aux problèmes de notre temps.

2 conférenciers Sense Agency participent à ce colloque : Laurent Kupferman, essayiste et
David Djaïz
, haut fonctionnaire et essayiste.

Programme
09H30 : Introduction par Jean-Raymond Hugonet, sénateur de l’Essonne

9H45 – 11H
Table ronde : L’œuvre de Léon Bourgeois : son parcours, ses idées, ses réalisations.
Laurent Kupferman, essayiste, auteur de « Les aventuriers de la République »
Jean-Pierre Thomas, historien, auteur de « Vingt-neuf hommes au plateau » - « Les présidents du Sénat de 1814 à 2014 »

11H15 – 12H30
Table ronde : Le solidarisme : une réponse aux problèmes actuels ?
David Djaïz, haut fonctionnaire, essayiste, auteur de « Slow démocratie »
Jean-Raymond Hugonet, sénateur de l’Essonne, auteur de « Le Tournant »

Les débats seront animés par Jean Dumonteil, auteur de « La France des possibles »



jeudi 25 novembre 2021

Interview de Laurent Kupferman sur TF1

 Avant la conférence qui avait lieu hier en hommage à Joséphine Baker, Laurent Kupferman état interviewé par TF1. Un extrait de cette interview sera diffusé au journal de 20H00 ce soir, 25 novembre 2021.



mercredi 24 novembre 2021

Laurent Kupferman : conférence sur Joséphine Baker

 

En ce mercredi 24 novembre 2021, la salle du conseil de la mairie du Vésinet était remplie. Et pour cause, Laurent Kupferman était présent pour une conférence sur Joséphine Baker qui entrera au Panthéon le 3O novembre prochain.


Laurent a capté l’auditoire en nous contant, avec talent et sensibilité, le destin hors du commun de cette icône franco-américaine à la fois artiste, résistante, militante humaniste et antiraciste. 










Laurent Kupferman : conférence Joséphine Baker - Mairie du Vésinet

 A l’occasion de l’entrée de Joséphine Baker le 30 novembre 2021 au Panthéon, plusieurs événements seront organisés en son hommage en novembre et décembre par la mairie du Vésinet


Ce Mercredi 24 novembre – 19h  -  Sense Agency vous invite à une conférence de Laurent Kupferman dans la Salle du Conseil de la mairie. 
Initiateur en 2019 de la pétition pour faire entrer Joséphine Baker au Panthéon, Laurent Kupferman a recueilli près de 40 000 signatures sur le site Change.org.

Diplômé de l'Université Panthéon-Assas. Il a eu un parcours professionnel très riche résolument tourné vers la culture. 

Hôtel de ville

Salle du conseil


60 boulevard Carnot
 78110 Le Vésinet


01 30 15 47 00



mardi 5 janvier 2021

Comment les hommes du passé voyaient-ils leur futur

Épisode 1 : Futurs antérieurs, histoire des représentations de l’avenir


Luigi Russolo, La Rivolta (La Révolte), 1911, huile sur toile. Gemeentemuseum, Den Haag, La Haye.


Nous représentons-nous l'avenir de la même manière que nos ancêtres ? Assurément non : notre conception du futur a beaucoup à voir avec notre présent, nos inquiétudes et nos espoirs contemporains, mais aussi avec notre histoire. Alors, quels points communs entre les futurs d'hier et d'aujourd'hui ?

Le poète Georges Brassens nous avait prévenus : «  Il est morne, il est taciturne / Il préside aux choses du temps / Il porte un joli nom, Saturne / Mais c'est dieu fort inquiétant ». Chez les Romains, Saturne est le maître du temps, identifié au titan Cronos, chez les Grecs. Ah ! le temps, quelle chose complexe. Il y a le passé, le présent, le futur, mais nos ancêtres avaient aussi leur passé – qui est aussi le nôtre –, leur présent – qui est notre passé –, et leur propre futur, qui est aussi notre passé. « Il faudra que Saturne en fasse / Des tours d'horloge, de sablier », rappelait avec justesse Brassens. Sans conteste, Saturne est un dieu fort inquiétant.  Xavier Mauduit

Depuis le début de la crise sanitaire, il est devenu difficile de se projeter dans l’avenir : qui peut dire ce qu’il fera dans deux semaines, trois mois ou un an ? À l’aube de l’année 2021, cette suspension du cours habituel du temps et de la vie est aussi le moment propice à une réflexion sur notre rapport à l’avenir.

Le futur tel que le pensaient les Grecs, les premiers chrétiens, les penseurs des Lumières ou nos grands-parents n’a rien à voir avec le futur tel que nous l’envisageons (ou du moins l’envisagions !). Le futur a pu être pensé comme une simple répétition du passé ; comme une fin des temps rédemptrice ; comme un monde meilleur atteignable par le progrès technique ; comme une dystopie cauchemardesque... Il y a donc une histoire de l’avenir, de ses représentations, mais aussi des rapports de force au sein des sociétés pour imposer “sa” vision du futur. 

Nous en parlons avec nos invités :

François Hartog, historien spécialiste de l’Antiquité et des formes historiques de temporalisation, membre fondateur de L'Association des Historiens, 

 François Jarrige, maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université de Bourgogne (Centre Georges Chevrier), spécialiste des sociétés industrielles et de l'histoire des techniques.

Ce qui distingue profondément le monde ancien des mondes modernes c'est que le futur n'excédait pas le passé : On était dans un régime d'historicité tel que la catégorie prépondérante était celle du passé. Ce qui veut dire que quand ils imaginaient le futur, quand ils essayaient de le préparer, quand il reprenait une action, ils commençaient par regarder en direction du passé pour y trouver des précédents, des exemples, des instruments pour y conduire leur action (... ) On était dans un univers où les repères demeuraient, c'est ce avec quoi le monde moderne va rompre, mais, dans l'intervalle, il y a eu le surgissement du christianisme. François Hartog

On note deux phénomènes majeurs au tournant du XVIIIe et du XIXe siècle : l'expérience de la révolution politique et l'expérience de la révolution industrielle. Deux transformations fondamentales du rapport au monde qui vont entrainer une transformation du rapport au temps avec l'idée que l'on peut se projeter dans le futur d'une façon enthousiaste, positive et confiante parce que les révolutions politiques entre 1789 jusqu'au milieu du XIXe siècle ont montré aux contemporains que l'ordre social, politique, n'était pas quelque chose d'immuable, de naturel mais était aussi le résultat d'une construction. Il pouvait être modifié, chamboulé par l'intervention des humains. Les révolutions politiques sont parallèles à des périodes de mutations économiques, des transformations des fondements matériel du monde qui vont donner de plus en plus de confiance dans la capacité que les sociétés occidentales ont à modeler leur environnement en contrôlant la nature pour produire de l'abondance qui devient le grand mythe moderne à partir du XIXe siècle. François Jarrige


vendredi 11 décembre 2020

Georges Vigarello : Comment sommes-nous devenus fatigués ?

 Dans une synthèse historique magistrale, Georges Vigarello revient sur les « métamorphoses » et « l’extension du domaine » de la fatigue depuis le Moyen Âge.

Fatigue des soignants, fatigue persistante des malades « guéris » du Covid-19, fatigue psychologique liée aux confinements successifs, etc. L’Histoire de la fatigue de Georges Vigarello, à laquelle celui-ci a adjoint une préface en lien avec la pandémie, n’a jamais été autant d’actualité. Avec ce nouveau livre, l’historien, connu entre autres pour ses travaux sur le corps, les émotions, la virilité ou encore le gras, se saisit donc d’un nouvel objet original susceptible d’une analyse historique.


La fatigue ou les fatigues ?

Les « XXe et XXIe siècles ont vu une irrépressible extension du domaine de la fatigue. » Dans le domaine professionnel, les « burn out » sont médiatisés, dans le privé, la « charge mentale » qui touche les femmes, toujours victimes d’une inégale répartition des tâches ménagères et de l’éducation des enfants, est mise en avant. « Une hypothèse traverse ce livre, écrit son auteur : le gain d’autonomie, réelle ou postulée, acquis par l’individu des sociétés occidentales, la découverte d’un "moi" plus autonome, le rêve toujours accru d’affranchissement et de liberté ont rendu toujours plus difficile à vivre tout ce qui peut contraindre et entraver. D’autant que s’y ajoute le rappel, du coup possible, des fragilités, des vulnérabilités. »

L’usage d’un même mot, celui de fatigue, pourrait laisser croire une continuité de cet état à travers les époques, symbole de la « limite » et de la « fragilité » de l’homme, avec ses deux versants : « interne », à l’échelle de l’individu, et « externe », en provenance de son environnement au sens large. La pérennité du terme désignant ce phénomène masque pourtant ses « métamorphoses » depuis le Moyen Âge, où débute l’enquête de G. Vigarello, jusqu’à nos jours. En effet, « la perception de la fatigue varie d’une époque à l’autre » ; et ces variations ont de nombreux corollaires qui se traduisent dans les corps, les esprits, les conceptions médicales, l’organisation du travail, le sport, la violence, etc.

Les fatigues évidentes changent au fil des temps. Au Moyen Âge, c’est la « fatigue du combattant » qui focalise l’attention, dans une moindre mesure celle du voyageur ou, dans le domaine religieux, celle aux vertus rédemptrices. Quant à celle du travailleur – le paysan –, elle est ignorée, à cause de la valorisation du fait guerrier qui domine alors. A l’époque classique, avec la montée en puissance de la noblesse de robe, les « lassitudes » prennent une place nouvelle, des gradations apparaissent ainsi qu’une « amorce du chiffre » relative à la fatigue. Avec les Lumières, la fatigue devient plus sensible. C’est aussi le début du dépassement de soi via l’exploration du monde, la naissance de l’entrainement pour repousser ses limites. Le XIXe siècle est celui des fatigues ouvrières, étudiées – de plus en plus calculées – non pas tant par philanthropie que pour estimer le repos nécessaire à une maximisation de la production avec la naissance de la société industrielle – il en va de même avec la préoccupation de disposer de soldats aptes aux armées. Certains des effets délétères de cette nouvelle société amènent à s’intéresser à la fatigue générée par les conditions de vie, le temps de travail ou le labeur des enfants. Enfin nos sociétés contemporaines, de plus en plus dominées par des emplois de bureaux et la numérisation, charrient leur lot de « fatigues plus sourdes », davantage psychologiques, liées par exemple au trop plein d’informations. Enfin, ces fatigues actuelles rejoignent plus globalement l’individualisation et la démocratisation évoquées par G. Vigarello au seuil de son livre.

 

Corps et sensibilités

L’histoire de la fatigue rejoint aussi celles des corps, dont G. Vigarello s’est déjà fait l’historien, et de ses remèdes. Au Moyen Âge, la fatigue est envisagée comme une « perte d’humeurs » ; en conséquence, les fluides sont prescrits pour restaurer la vigueur. Pour les Lumières, la fatigue est liée aux fibres et autres réseaux, mais aussi à l’excitation non maitrisée. On recherche alors des « toniques » pour la résorber, et la période est ainsi marquée par le développement de la trinité thé, café et chocolat. Le XIXe siècle, celui des machines et de l’énergie, est marqué par un intérêt pour l’alimentation, les calories et les nourritures à privilégier ou exclure, mais aussi pour les postures avec la naissance de l’ergonomie. Enfin, « [l]a fatigue d’aujourd’hui est perçue dans le langage numérique, privilégiant les messages internes, les sensations, la connexion et la déconnexion. » Elle est abordée par le biais des relations, mais aussi via la chimie et la biologie (rôle des hormones, place des drogues et des médicaments).

« Affinements et degrés se précisent avec le temps. Notre civilisation invente des sensibilités, crée des nuances, fait exister de proche en proche des fatigues qui, auparavant, n’existaient pas, découvre avec le cours de l’histoire, des états longtemps ignorés. » G. Vigarello repère des changements dans le vocabulaire : l’arrivée des termes « langueur », « courbature », « dépérissement », « stress ». Il met en lumière des moments clés comme la Grande Guerre avec un changement de regard sur la fatigue, consécutif d’un « franchissement de seuil », ou encore les totalitarismes avec l’épuisement complet recherché de leurs victimes alors que se développent en parallèle les loisirs et les vacances sous le Front Populaire.

Plus largement, la fatigue se déplace progressivement, du physique vers le psychologique ; ce dernier ayant d’ailleurs de plus en plus souvent des traductions sur le précédent. Elle devient plus globale et entretient des liens étroits avec nos sociétés d’individus, avec la question de l’autonomie et des contraintes. « Tel est bien l’enjeu de cette démarche historique qui est aussi généalogique : montrer comment ce qui semble depuis toujours ancré dans les chairs s’inscrit aussi, au fil des siècles, dans les consciences, les structures sociales et leurs représentations, jusqu’à se redéployer et nous atteindre au plus profond. » La fatigue est désormais intégrée à notre « quotidien ».

 

L’Histoire de la fatigue de Georges Vigarello s’impose comme une démonstration passionnante d’une très grande richesse, mobilisant des sources impressionnantes, autant littéraires, scientifiques qu’historiques. Son livre aurait pu faire écho aux thèses du sociologue et philosophe allemand Harmut Rosa sur « l’accélération », envisagée sous ses différentes formes (technique, changement social ou rythme de vie) et ses conséquences en termes de nouvelles aliénations, ou encore à 24/7. Le capitalisme à l'assaut du sommeil de l’américain Jonathan Crary, qui constituent autant d’explications complémentaires des causes contemporaines de notre fatigue. In fine, la fatigue constitue un phénomène dont seule une analyse pluridisciplinaire – biologique, psychologique et sociologique notamment – est en mesure de rendre compte, analyse permise ici par la synthèse historique.


par Benjalin CARACO