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mercredi 10 mai 2023

 

Le campus de formation The Land, installé à Rennes et spécialisé sur la ruralité, a créé en 2022 les Coqs d’or, des trophées récompensant “ les initiatives, innovations et entreprises dans les territoires ruraux »,” pour redynamiser des campagnes délaissées au profit des grandes villes.


Pour la 1ère édition, Jean-Marc Esnault, directeur général de The Land avait sollicité Sense Agency, plateforme de conférenciers, qui lui avait proposé Eric Orsenna pour l’animation de l’événement.
Cette année, il a renouvelé sa confiance à l’agence qui a proposé Stéphane Rotenberg, animateur de Top Chef sur M6 et de Pékin Express.

Hier soir, quatre initiatives ont été récompensées :

Le prix de l'environnement a été remis au collectif d’agriculteurs  Carabes et Canopée, ayant comme projet la restauration des haies bocagères du bassin versant de la Seiche. Précieux pour la régulation du climat, les haies et bocages protègent la biodiversité, les cultures, les animaux élevés en plein air, stockent le carbone, régulent les crues et épurent les eaux des cours d'eau. « Six agriculteurs tentent de tirer des bénéfices d’une action positive sur l’environnement  dans leur travail » indique Jean-Marc Esnault.

Lauréats dans la catégorie Entreprenariat, Villages vivants qui rénovent et louent des locaux pour y installer des activités et proposer des lieux de coopération dans les campagnes (épicerie en circuit court, auberges coopératives, boulangerie bio, librairies citoyennes…).

Le prix du lien social a été attribué à Meilleurs Voisins qui font cohabiter un habitat partagé pour séniors avec de l’hôtellerie. Le but est de lutter contre la solitude des personnes âgées.

Artefakt remporte un prix dans la catégorie Culture. Cette association d’éducation aux images  organise, depuis sept ans, des projections en plein air en milieu rural là où les structures adaptées manquent. Ce festival itinérant s’appelle la Karavane.

Et le Coq d’or 2023 … a été attribué au poète

Ar Furlukin,
un artiste rennais reconnu pour ses œuvres en forme de radis qu’il sème dans les villages pour créer du lien social. « C’est un peu notre coup de cœur cette année. Il ne rentre dans aucune catégorie ». explique Jean-Marc Esnault.






Vous souhaitez faire participer les collaborateurs de votre entreprise à une conférence ou visioconférence animée et dirigée par des conférenciers professionnels ? cliquez ici.

mardi 28 juin 2022

David Djaïz participait le 24 juin à l'Atelier Perimetropolitain sur le thème "Imaginer la ville en 2020"

 ATELIER PERIMETROPOLITAIN
"IMAGINER LA VILLE EN 2020"


Depuis 2015, la ville de Libourne se transforme à travers son projet d’aménagement urbain « Libourne 2025 – La Confluente ». Face aux évolutions sociétales et aux nouveaux enjeux du Libournais, il s’agit aujourd’hui de se projeter au-delà. 

Le 24 juin 2022, David Djaïz était invité à débattre  des nouvelles tendances qui se dessinent dans les villes moyennes et de leurs réalités complexes. 






mardi 8 mars 2022

David Djaïz et Jérôme Fourquet

 9 mars 2022, Jean-Michel Dardour (CEO Sense Agency) organisait hier ! mars le duo de cette table ronde pour ENTREPRENDRE RESEAU HAUTE SAVOIR avec David Djaïz et Jérôme Fourquet, conférenciers Sense Agency. Les meilleurs experts des territoires !






mardi 5 janvier 2021

Rencontre: Nicolas Hulot et Frédéric Lenoir refont le monde


Quand un philosophe rencontre un écologiste, de quoi parlent-ils? De l'état de la planète, de la nature et de sa beauté, mais aussi de notre capacité à nous reprendre en main pour bâtir un monde meilleur. De cette conversation au long cours est né un livre revigorant.

@Eric Durand


• Notre Temps: Vous avez chacun plusieurs dizaines de livres à votre actif. Pourquoi avoir choisi d’écrire celui-ci à deux voix?

Frédéric Lenoir: Justement, pour croiser et partager des expériences. Cela a élargi mon point de vue et conforté certaines de mes convictions. Nicolas a beaucoup plus de compétences que moi dans le champ de l’économie et du politique. Moi, j’ai une formation philosophique et sociologique, plus universitaire. Et puis nous avons chacun le projet de participer à un monde plus juste, plus équitable, plus respectueux de la planète, mais nous le faisons à partir d’expériences très différentes.

Nicolas Hulot: Pour moi, un livre, c’est un moment de mise au point. Dans ce monde où nous vivons toujours avec un sentiment d’urgence, il est vertueux de se poser et d’apporter une contribution sur l’origine des crises que nous traversons. L’actuelle a des multiples racines: écologique, sanitaire, économique… C’est surtout une profonde crise de civilisation; il faut essayer d’en comprendre les causes et se mettre en situation d’y apporter des traitements. Ce dialogue croisé m’a permis de les confronter. À titre personnel, ce livre m’a fait du bien.

F.L.: Moi aussi, même si la confrontation avec Nicolas est abrupte, douloureuse… Non, je plaisante! C’était aussi une belle aventure amicale.

• Le sous-titre du livre est "Le Temps des consciences". Depuis trente ans, les réunions et sommets pour la planète se multiplient. Cela a laissé du temps aux consciences de se mobiliser. Pourtant, la situation continue de se dégrader. Comment ne pas se décourager?

F.L.: Les défis sont toujours là, et la réaction des politiques accuse un retard colossal en regard de leur importance. En revanche, et c’est ce qui me rend relativement optimiste, énormément de gens sont en train de prendre conscience de ces enjeux. Dans les ateliers philo que j’anime, les enfants sont extrêmement sensibles à l’état de la nature, au sort des animaux, aux inégalités. Beaucoup d’étudiants ne veulent pas travailler dans des entreprises qui n’ont aucun souci de la société ou de l’environnement. L’économie sociale et solidaire progresse. Il y a une évolution. C’est motivant.

N.H.: Je suis plus inquiet que ne l’est Frédéric, mais je pense qu’il est trop tard pour se résigner. Le monde de demain va de toute façon être impacté par la crise écologique. Il sera très différent de celui d’aujourd’hui et nous avons des marges de manœuvre pour décider que le changement passera de gré ou de force. Je me bats pour que ce soit de gré. La prise de conscience est là. Il y a une énergie sourde qui est en train d’émerger dans notre société en réaction à ce modèle de compétition, de prédation. Et je mise là-dessus. Je me dis qu’à un moment, ces forces vont se rejoindre. Dans une forêt, on entend l’arbre qui tombe et pas les mille autres qui poussent. C’est ce qui me donne de l’espoir.


Vous dites qu’il est difficile de faire bouger les choses dans le cadre de l’exercice du pouvoir politique tant les résistances économiques et mentales sont grandes…

N. H.: On essaye de ne pas avoir une approche simpliste du type "les hommes politiques n’ont rien compris et les acteurs du monde économique sont des grands méchants". La réalité est bien plus complexe. Nous tentons de comprendre pourquoi le discrédit des politiques auprès des citoyens augmente d’année en année. Il y a quelque chose qui ne fonctionne plus dans la démocratie. J’énumère un certain nombre de raisons: l’orthodoxie économique qui fait que, parfois, on ne met pas les moyens qu’on devrait mettre là où il le faudrait. Ensuite, nous n’avons pas de méthode pour accompagner les mutations.

Enfin, le politique est sous la pression du court terme. Les lobbies font peser en permanence la menace des pertes d’emplois pour défendre leurs intérêts. Or, la somme des intérêts particuliers n’a jamais fait l’intérêt général! Au fil du temps, les politiques se sont laissé déposséder de leurs prérogatives par une partie du monde de la finance. Mais à vingt­-sept, en Europe, nous pourrions facilement nous redonner des marges de manœuvre. On l’a d’ailleurs vu lors de la crise sanitaire: des milliards ont été trouvés du jour au lendemain! Ce qu’on a su faire en temps de crise, pourquoi ne pas le faire en amont?

• Il faut donc des gêneurs, comme vous, pour sonner la fin de la partie?


N.H.: Oui, vous avez raison, le cercle vertueux, c’est d’avoir des politiques qui soient à l’écoute de ces gêneurs ou lanceurs d’alerte et qui se nourrissent de leurs éclairages. La société civile doit aussi admettre la complexité de l’exercice politique. C’est pourquoi, si on veut revitaliser notre démocratie, je préconise d’associer en permanence les citoyens, à toutes les échelles: locale, régionale et nationale. Les citoyens, électeurs, manifestants, acteurs sociaux et consommateurs, ont voix au chapitre. Nous ne sommes pas dépossédés d’une certaine influence et d’un certain pouvoir. Mais il ne faudrait pas que l’expression populaire prenne une forme violente pour en tirer des leçons. Comme disait Victor Hugo: "Souvent, la foule trahit le peuple."

• Comment, comme vous le préconisez, "passer du toujours plus au mieux-être" dans notre société de consommation et à un moment où le gouvernement nous enjoint de consommer pour relancer l’économie?

F.L.: On est toujours dans la quantité: consommer toujours plus, acheter… Il faut passer au mieux-­être et découvrir que ce besoin qu’à l’homme de satisfaire son désir doit s’orienter de plus en plus vers des choses immatérielles plutôt que d’être entièrement focalisé sur des objets matériels. Cette conversion ne peut s’opérer que si l’être humain comprend qu’il a intérêt à le faire. Intérêt sur le plan collectif, pour éviter un chaos environnemental et sociétal, mais aussi intérêt à titre personnel. Tant que l’on n’a pas expérimenté que c’est à travers la beauté, l’amour, la qualité des liens et la vie simple que l’on peut avoir les plus grands moments de joie, on ne peut pas changer.

N.H.: Le gouvernement veut que les épargnants utilisent leur bas de laine. Pourquoi pas, si c’est pour les inciter à rénover leur logement pour économiser l’énergie, à acheter un véhicule électrique, à utiliser des services de relations… Une économie peut ne pas être 100% matérielle. Les gens ont besoin d’aide à domicile, de soutien scolaire… C’est cette économie-­là qu’il faut aussi faire repartir. Il y a un plan de relance avec des milliards d’euros: j’y suis favorable dès lors que pas un euro ne va dans quelque chose de toxique. Si l’on soutient certains secteurs économiques, il faut des contreparties. L’argent public ne doit pas servir à aggraver la situation écologique et sociale.

• La résistance au changement est universelle. Vous-mêmes, comment la combattez-vous?

N.H.: Je n’ai pas toujours été écologiste et le suis-­je encore complètement? Je demande le droit à l’erreur et parfois à l’imperfection. Mais j’ai arrêté toutes mes addictions liées à la vitesse, au pilotage de toutes sortes d’engins. J’essaye d’être cohérent dans ma consommation: investir dans un chauffe-­eau solaire, un récupérateur de pluie… Si je prends une voiture, je tiens compte de son impact écologique, mais cela ne m’empêche pas de sortir de temps en temps ma vieille 2CV. J’ai diminué ma consommation de viande, je ne prends quasiment plus l’avion… C’est un chemin de progression qu’il faut faire en fonction de ses capacités et sans culpabiliser. Je le dis pour ne donner de leçon à personne. De quoi cela m’a-t­-il privé? J’avoue que je trouvais très plaisant de piloter un avion ou un hélicoptère. J’étais dans une insouciance totale à l’époque. Suis-­je moins heureux, maintenant, à faire du kitesurf ? Non, j’ai trouvé d’autres formes de plaisir.

F.L.: Le plus difficile pour moi est lié à l’alimentation. J’ai pris des résolutions de ne manger que local, le plus bio possible, de ne pas acheter des choses emballées dans du plastique, de diminuer ma consommation de viande… Mais j’y arrive plus ou moins. Parfois, pour des raisons pratiques, je ne fais pas 15 kilomètres de plus pour aller au magasin bio. Je vais au supermarché du coin et je me retrouve avec des aliments dont je ne connais pas la traçabilité et qui ne correspondent pas aux critères que je me suis fixés. Je progresse, mais lentement. Il m’arrive d’acheter des fraises en hiver… Et je me dis que c’est complètement aberrant.

N.H.: Ce qui est difficile dans le changement, c’est de briser les automatismes, les comportements réflexes. Une fois qu’on y est parvenu, il y a un sentiment de liberté, comme quelqu’un qui parvient à arrêter de fumer. Et cela vous rend heureux!

• Une chose frappe, à la lecture de  vos entretiens, c’est l’expérience quasi  mystique de la nature qui vous réunit…

N.H.: Je ne sais pas si le divin existe mais, en tout cas, je vois dans cette nature tant d’ingéniosité, de grâce, de malice, que cela ne peut pas être simplement le fruit du hasard. J’ai vu la beauté à 2000 mètres sous les océans, dans les pétales d’une rose ou sur le dos d’une coccinelle. Je ne fais pas d’ésotérisme et de métaphysique, mais ça rend humble. Je pense aussi que cette beauté est un langage universel qui nous relie.

F.L.: Oui, ça nous relie et ça ouvre le cœur. La relation à la nature est une expérience d’amour. On se sent ému, bouleversé. Vous avez raison de parler d’expérience mystique: face à la beauté de la nature, on fait le constat que quelque chose nous dépasse. Sa complexité, son ordre extraordinaire et son harmonie sont source d’émerveillement et de contemplation. L’un et l’autre, nous avons cette dimension contemplative très forte. Nous sommes nourris par la splendeur du monde! Nous avons la chance de pouvoir vivre au contact de la nature. Contrairement à Nicolas, j’ai pour ma part un chemin plus relié aux religions avec la découverte du Christ et des évangiles qui m’a bouleversé quand j’étais jeune adulte. Il reste qu’aller marcher en montagne, regarder la mer… sont les grands moments d’émotion que je ressens aujourd’hui.

• Les jeunes sont souvent aux avant-postes du combat en faveur du climat. Avec la formule "OK boomer", on a senti que certains faisaient porter aux plus âgés la responsabilité du réchauffement climatique. Selon vous, y a-t-il là un risque d’opposition, voire de rupture générationnelle?

N.H.: La responsabilité s’érige à partir du moment où l’on a la conscience des choses. On ne peut pas nous rendre responsables des comportements que nous avions quand nous étions des consommateurs insouciants, instrumentalisés par la publicité. Maintenant, nous sommes abreuvés d’informations qui nous mettent face aux conséquences de nos actes. À partir de là, nous engageons notre responsabilité. Mais cette rupture dont vous parlez, je la redoute: attention qu’un jour, nos enfants ne nous détestent pas! Et je dis aux adultes qui les regardent manifester avec une certaine condescendance: écoutez-­les, entendez­-les, parce que, sinon, leurs craintes, leurs espoirs et leurs revendications pourraient prendre une autre forme…

F.l.: En même temps, ce qu’on observe chez les jeunes est plutôt encourageant. Évidemment, il y en a, pris dans le système, qui veulent toujours avoir le plus beau smartphone, des marques… Mais on voit aussi un certain nombre d’entre eux qui semblent, par leurs comportements, vouloir s’éloigner de leurs aînés, en arrêtant de manger de la viande, par exemple, et qui ont une conscience écologique très affirmée. Ils ont une pratique plus radicale que nous. Cela dit, il est inutile de se culpabiliser d’avoir beaucoup consommé pendant trente ou quarante ans. On ne savait pas… Mais maintenant, cela vaut le coup de corriger le tir.

 le 04 janvier 2021 à 11h20 par Marie Auffret et Jean-Christophe Martineau

jeudi 24 décembre 2020

Tara Océan : cap sur le microbiome marin

Quels sont les enjeux et objectifs des expéditions Tara ? Quelle est la spécificité de cette expédition par rapport aux précédentes ? Comment peut-on faire de la recherche à bord de la goélette Tara ?


Après s'être intéressé au plancton, à la pollution plastique et aux récifs coralliens, nouvel objectif que les équipes de Tara : le microbiome marin, ce peuple invisible caché sous la surface. Crédits :  (c) Sacha Bollet - Fondation Tara Océan

Tara Océan : un voilier de trente six mètres, un grand laboratoire flottant dont les missions sillonnent les océans depuis plus de dix ans pour mieux comprendre la biologie marine, Tara océan, donc, vient de repartir en direction du Chili pour un voyage autour du monde qui durera plus de deux ans. Après l’étude du plancton, l’étude du corail ou de la pollution marine par les microplastiques, le but de cette prochaine expédition sera d’étudier un peuple invisible caché sous la surface : le microbiome marin. Problème, ce microbiome marin est à peu près aussi inconnu qu’il est essentiel à la vie sur Terre, il est donc temps de lever le voile et la voile sur ce peuple de l’eau qui est aussi peuple de l’ombre.

Tara Océan : cap sur le microbiome marin, c’est notre programme maritime pour l’heure qui vient, bienvenue dans la Méthode scientifique.

Et pour parler de ce travail de recherche en mer, nous avons le plaisir de recevoir aujourd’hui Colomban de Vargas, biologiste marin, directeur de recherche CNRS à la station biologique de Roscoff et co directeur de l’expédition Tara Océans. Et nous sommes en compagnie également de Chris Bowler, directeur scientifique de l’expédition Tara Océans, directeur de recherche CNRS et directeur du laboratoire Génomique des plantes et des algues à l’Institut de biologie de l’Ecole Normale Supérieure. 


jeudi 10 décembre 2020

Forum Zéro Carbone 2020 : les villes, cinq ans après la COP21

 Le 12 décembre 2015, dans le cadre de la COP21, était signé à Paris un accord historique pour la lutte contre le dérèglement climatique ; limiter le réchauffement à un niveau inférieur à 2°C et atteindre la neutralité carbone à horizon 2050. La même année, Anne Hidalgo, maire de Paris, et Michael Bloomberg, envoyé spécial de l'ONU sur les villes et le climat, avaient réuni 1.000 maires du monde entier à Paris afin de lancer un signal fort en direction des États : des solutions existent et les villes ont le pouvoir d'agir.

Cinq ans après la COP21, la Ville de Paris et La Tribune organisent le Forum Zéro Carbone les 10 et 11 décembre. Cet événement 100% digital réunira sur deux jours les acteurs de la lutte contre le dérèglement climatique. 140 décideurs de haut niveau, (maires français et internationaux, associations et ONG, scientifiques et représentants de la société civile, chefs entreprises) interviendront au cours de cinquante débats afin de dresser le bilan des avancées au regard des objectifs de l'Accord de Paris mais aussi de trouver les nouveaux axes d'actions à mettre en œuvre pour relever ce défi historique qu'est la préservation de notre planète.







Jeudi 10 décembre, seront présents les maires de la plupart des métropoles françaises dont Johanna Rolland (Nantes et présidente de France Urbaine), Christian Estrosi (Nice), Jean-Luc Moudenc (Toulouse), Emmanuel Grégoire (premier adjoint à la Maire de Paris), Mickaël Delafosse (Montpellier), Catherine Vautrin (Grand Reims), Nicolas Mayer Rossignol (Rouen) ; mais aussi des entreprises au cœur de la transition écologique dont Bertrand Camus (Suez), Marianne Laigneau (Enedis), Philippe Wahl (La Poste), Olivier Wigniolle (Icade), Arnaud Leroy (Ademe) et des représentants de la Banque des Territoires, ADP, Orange, EDF, RATP, Veolia Eau, Tagerim, l'ARCEP...

Vendredi 11 décembre s'ouvrira avec Anne Hidalgo (maire de Paris et présidente de l'AIMF), Eric Garcetti (maire de Los Angeles et président du C40), et des maires du monde entier, en visioconférence, ainsi que les acteurs clefs de la COP 21 comme Laurent Fabius (Président du Conseil Constitutionnel), Jean Jouzel (GIEC Climat), Laurence Tubiana (Fondation européenne pour le climat) ; des intellectuels, comme Carlos Moreno, l'inventeur de la "ville du quart d'heure" et Jacques Attali (Fondation Good Planet) ; des représentants de la société civile, de la Convention citoyenne pour le climat et des ONG avec Cécile Duflot (Oxfam) ; de nombreux chefs d'entreprise placés au cœur de la transition verte : François-Henri Pinault(Kering et Fashion Pact), Jean-Laurent Bonnafé (BNP Paribas, EpE), Jean-Bernard Lévy (EDF), Stéphane Richard (Orange), Marie Ange Debon (Keolis). Une large place sera consacrée à la gouvernance locale et à l'action citoyenne, avec la présence de membres de la convention citoyenne pour le climat. Une déclaration sera adressée par les maires aux négociateurs de la COP26 qui se tiendra à Glasgow en Ecosse en 2021. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères et Emmanuel Macron, le président de la République clôtureront la journée, depuis le Conseil européen à Bruxelles.

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mardi 24 novembre 2020

Albert Kahn : Rêver d'un monde nouveau

Lorsque Albert Kahn s’éteint en novembre 1940, la guerre est là. Ce qui l’a mobilisé toute sa vie, la recherche de la paix, est un échec. Le krach boursier de 1929, ainsi que les sommes englouties dans le mécénat, ont ruiné ce banquier philanthrope. 

Abraham Kahn est né en 1860 dans une famille juive alsacienne de marchands de bestiaux, contrainte de devenir allemande après l’annexion. Devenu Albert, le jeune homme de 16 ans monte à Paris et devient employé de banque. Il suit des cours du soir avec l’aide d’un répétiteur, Henri Bergson, alors étudiant à l’ENS et qui restera son ami toute sa vie. Au sein de la banque Goudchaux qui l’emploie, Albert Kahn se distingue par son flair pour les investissements juteux. Il grimpe les échelons jusqu’à devenir associé puis crée sa propre banque en 1898. Le voilà millionnaire. 

Profondément humaniste, il décide de consacrer sa fortune à la connaissance entre les peuples et à "l’établissement de la paix universelle". Tout au long de sa vie, le banquier mécène imaginera toutes sortes de moyens pour mettre en œuvre ce dessein et favoriser le dialogue international. 

Il fait d’abord aménager une propriété à Boulogne-Billancourt où il recevra intellectuels, artistes, scientifiques, prix Nobel de la paix du monde entier afin qu’ils se parlent et échangent. Ces mondanités sont destinées à montrer à l’élite que le monde est beau, varié mais menacé et qu’il faut le protéger. Il veut transformer leur regard. Il crée un magnifique parc avec des jardins japonais, français, anglais ainsi qu’une forêt vosgienne qui lui rappelle son enfance. Son jardin est un manifeste politique où se côtoient les différences. 

Il crée en 1898 des bourses de voyage d’une année pour les étudiants agrégés et futurs professeurs. Il sent alors le nationalisme monter, il a lui-même dû quitter son village écartelé entre la France et l’Allemagne. 

Sortez, courez voir le monde ! Oubliez tout ce que vous avez appris, gardez les yeux ouverts ! Albert Kanh

Des étudiants français en bénéficient mais aussi des allemands, des américains, des anglais, des russes, des japonais. Il ne leur est demandé quasiment rien en retour, un simple rapport de voyage, mais seulement de vivre au côté d’autres cultures, de s’imprégner d’autres façons de vivre et de penser pour mieux enseigner aux futurs citoyens. Parmi les bénéficiaires, 27 femmes agrégées parcourront le monde.

Albert Khan - Amis du musée

Albert Kahn a conscience qu’il vit un tournant dans l’histoire de l’Humanité : la révolution des transports, des communications, les découvertes techniques, sont en train de transformer le monde, de l’uniformiser, de l’occidentaliser. Il se met alors en tête de garder des traces des civilisations qui le peuplent. A partir de 1908 il se lance dans un projet inouï : réaliser un inventaire photographique de la vie des Hommes sur terre et constituer ce qu’il appelle les Archives de la planète. Précurseur à l’affût des inventions de son temps, il achète aux frères Lumière leur procédé d’autochrome qui permet d’obtenir des images couleurs ainsi que leurs appareils de cinéma. A partir de 1908 et durant plus de 20 ans, Albert Kahn va envoyer dans 60 pays des photographes et des opérateurs afin de fixer "une fois pour toutes des aspects, des pratiques et des modes de l’activité humaine dont la disparition fatale n’est plus qu’une question de temps". Il documentera aussi de manière très riche le premier conflit mondial de 14-18 et ses ravages sur la vie des civils. Il rassemblera au total 4 000 clichés noir et blanc, 72 000 autochromes couleurs, et 183 000 mètres de films.

On connaît peu de choses de la vie privée d’Albert Kahn. Il n’a laissé finalement que peu de témoignages de la part de ceux qui l’ont côtoyé. Pourtant, sa démarche universaliste est profondément touchante et les images qu’il a contribué à produire ont une valeur inestimable pour l’Histoire de l’Humanité. Sa démarche résonne étonnamment aujourd’hui que nous vivons un basculement planétaire lié à la révolution numérique et à l’effet de l’activité humaine sur le climat.

Intervenants

  • Delphine Allanic, documentaliste au musée Albert Kahn
  • Yaelle Arasa, histoirienne
  • Gilles Baud-Berthier, historien, conservateur du patrimoine
  • Michel Farris, jardinier en chef des jardins du Musée Albert Kahn 
  • Serge Fouchard, documentaliste au Musée Albert Kahn
  • Adrien Genoudet, chercheur en histoire visuelle
  • Frédérique Le Bris, chargée de valorisation film et audiovisuel au Musée Albert Kahn
  • Anne Sigaud, historienne, chargée de recherche au Musée Albert Kahn
  • David-Sean Thomas, chargé d’exposition au Musée Albert Kahn


lundi 16 novembre 2020

Maud Fontenoy et Yann Arthus-Bertrand : Bleu, un océan de solutions

Saviez-vous que le traitement contre le Sida provient du hareng ? Que plus de 22 000 molécules marines sont aujourd'hui à l'étude dans le domaine médical ? Que nombre de créatures marines ont inspiré nos révolutions technologiques ? Pour la première fois, le célèbre photographe écologiste Yann Arthus-Bertrand et la navigatrice Maud Fontenoy sont réunis dans un livre pour explorer un thème inédit : le trésor de solutions écologiques contenu dans nos océans. 

Qu'il s'agisse de trouver de l'eau potable, de se nourrir, de se soigner, de se chauffer ou de se déplacer, la mer offre à l'Homme de nombreuses alternatives durables. Autant de solutions à portée de mains pour réussir la transition écologique. 

Une centaine de photographies signées Yann Arthus Bertrand, de très nombreuses anecdotes, des chiffres clefs, un beau livre qui fait rêver et réfléchir à la fois sur la fragilité et la force de notre petite planète bleue.

 Les droits du livre sont reversés aux deux fondations des auteurs (Good Planet et Maud Fontenoy Fondation).





"(...) Quand nous regardons l'Océan, nous avons sous les yeux une immense et précieuse bibliothèque, pleine de solutions et des connaissances dont nous avons besoin pour l'avenir ... Et c'est comme si nous brulions les livres au lieu de les lire !"

mardi 10 novembre 2020

Sylvain Tesson et Francis Hallé - Recréer une forêt primaire en Europe -...


Le biologiste et botaniste Francis Hallé, spécialiste des forêts tropicales, a lancé un appel avec son association pour faire renaître au cœur de l'Europe une forêt vierge de toute activité humaine. Il est soutenu dans ce projet par le célèbre écrivain-voyageur Sylvain Tesson.

Francis ALLE

Né d’un père ingénieur agronome et d’une mère férue d’art, d’histoire et de poésie, Francis Hallé est le benjamin d’une famille de sept enfants, issue d’une lignée de voyageurs, médecins et artistes peintres, avides de cultures différentes et de pays lointains. 

Pendant la guerre de 40, réfugié avec sa famille dans une petite propriété agricole (un hectare !) non loin de la forêt de Fontainebleau, il constate qu’un lopin de terre peut couvrir les besoins d’une famille nombreuse. Initié dans ce domaine par son père, Francis Hallé conçoit une profonde admiration pour la forêt et un grand respect de chacun des arbres qui la composent. Sous l’influence de son frère aîné, Nicolas, botaniste au Muséum de Paris, il met à profit ses études universitaires en biologie pour se spécialiser en botanique tropicale.
 Il s’installe ensuite, en famille, dans les régions tropicales pour en étudier les forêts primaires, d’abord en Côte d’Ivoire où ses enfants sont nés, puis au Congo, au Zaïre et en Indonésie.   Recherches « Toutes mes recherches ont été consacrées aux plantes tropicales, en particulier celles des forêts humides des basses latitudes. À partir de 1964, je me suis spécialisé dans l’étude de l’architecture des plantes vasculaires ; une première formalisation a été atteinte en 1970 avec le concept de « modèle architectural ». En 1978, avec l’aide des Professeurs R.A.A. Oldeman (Wageningen, Pays Bas) et P.B. Tomlinson (Harvard, Mass. USA), cette formalisation a été complétée et prolongée par le concept de « réitération ». 

L’approche expérimentale du déterminisme architectural a été employée (Rubiaceae forestières, Hévéa, Fougères arborescentes). Actuellement je travaille à une confrontation des données architecturales avec les systématiques issues de la phylogenèse moléculaire. »   Publications Entre 1960 et 2004, soixante-trois travaux scientifiques ont été publiés, en français, anglais, espagnol ou portugais. Ce chiffre ne tient pas compte des articles de journaux ou de revues, des préfaces, des textes de films, interviews, etc. Il est également l’auteur de nombreux livres publiés chez Actes Sud, Muséo Editions, Arthaud, Livre de Poche … Il est conseiller scientifique et co-scénariste du film Il était une forêt réalisé par Luc Jacquet. Distinctions • Membre correspondant du Muséum National d’Histoire Naturelle (Paris) et de la Botanical Society of America (Saint Louis du Missouri). • Membre à vie de la Malayan Nature Society - Médaille Fairchild (USA). • Docteur Honoris Causa de l’Université Internationale de Floride (Miami). • Médaillé de l’Explorers Club de New York. - Prix de l’Académie française.

jeudi 8 octobre 2020

Baptiste Morizot : raviver les braises du vivant

Baptiste Morizot est écrivain et maître de conférence en philosophie à l'université d'Aix-Marseille. Ses travaux consacrés aux relations entre l'humain et le vivant s'appuient sur des pratique de terrain, notamment de pistage de la faune sauvage. 

Face à la crise écologique actuelle, nos actions semblent impuissantes. Mais c’est peut-être qu’on protège mal ce qu'on comprend mal. Nous ne sommes pas des Humains face à la Nature. Nous sommes des vivants parmi les vivants. Que devient l’idée de “protéger la nature” quand on a compris cela ? Cela devient raviver les braises du vivant, c’est-à-dire lutter pour restituer aux dynamiques du vivant leur vitalité et leur pleine expression. Cet ouvrage se penche sur des initiatives qui révèlent un mouvement puissant, qu’il faut accompagner et nourrir : la réappropriation de la défense du tissu du vivant, du soin des milieux de vie. Nous sommes le vivant qui se défend.





mardi 15 septembre 2020

Nicolas Vanier sera présent au Palace à Épernay


Il faut retourner au cinéma. Et pourquoi ne pas profiter de l’avant-première du film Poly programmée le vendredi 25 septembre ? D’autant que Nicolas Vanier le réalisateur sera présent.

Le cinéma Le Palace présentera « Poly », le dernier long-métrage de Nicolas Vanier, le vendredi 25 septembre à 19 h 45. L’aventurier passionné de nature et de grands espaces, écrivain et réalisateur, avait déjà produit, entre autres longs et courts métrages, un film de la même veine, Belle et Sébastien, en 2013. Il récidive ici avec une adaptation du feuilleton télévisé des années 60.

Aux côtés de François Cluzet et de Julie Gayet, Elisa de Lambert interprète le rôle de Cécile, 10 ans, qui déménage dans le sud de la France avec sa mère, Louise. L’intégration avec les autres enfants du village n’est pas facile. Lorsqu’un cirque de passage s’installe à proximité, Cécile découvre que Poly, le poney vedette du spectacle, est maltraité. Elle décide d’organiser son évasion. Poursuivis par Brancalou, l’inquiétant directeur du cirque, et un mystérieux Victor, Cécile et Poly s’embarquent dans une cavale pleine de rebondissements, un véritable voyage initiatique doublé d’une incroyable histoire d’amitié.



Le film devrait capter particulièrement l’attention du jeune public, mais également raviver les souvenirs empreints de nostalgie des plus anciens. À noter que Nicolas Vanier, sera présent au Palace pour échanger avec le public après la projection.

mercredi 22 juillet 2020

WE DEMAIN : La pandémie peut-elle remettre en question notre dépendance au pétrole ?

Le Covid-19 provoquait un choc pétrolier entre mars et avril. Le monde d’après va-t-il apprendre à s’affranchir de l’or noir ? Nous avons posé la question à la climatologue Corinne Le Quéré et à l’économiste Joseph Stiglitz. 


Extraits.

C’est un "petit virus" qui a mis l’industrie pétrolière à genoux. Lundi 20 avril, à New-York, le cours du baril de pétrole brut (159 litres) tombait à -37,63 dollars. Du jamais vu : le baril de brut new-yorkais n'était jamais tombé sous le seuil des 10 dollars depuis sa création en 1983. 


Derrière ce prix négatif aberrant, un mécanisme économique très simple : le ralentissement de l'économie mondiale a drastiquement fait chuter la demande d’or noir, mais la production, elle, n’a pas suivi. 


Quelles conséquences ces deux crises – sanitaire et pétrolière – peuvent-elles avoir sur notre dépendance aux énergies fossiles ? Et, plus largement, sur notre modèle de production ? 


We Demain s’est entretenu avec Corinne Le Quéré, présidente du Haut-Conseil pour le climat, et Joseph Stiglitz, Prix Nobel d’économie 2001.  




We Demain : Quel impact cette chute du prix du pétrole pourrait-elle avoir sur les politiques de relance ?


 


Corinne Le Quéré : Ce faible prix a trois inconvénients pour la transition : il rend les énergies renouvelables moins compétitives ; il peut accroître les émissions "importées" de la France, en raisonde laforte incitation à consommer pour les pays dont les émissions ne sont pas limitées par des engagements ; il masque les difficultés structurelles du secteur pétrolier et donc l’enjeu de sécurité énergétique pour la France. Car s’il faut réduire les émissions nationales de GES, il faut aussi réduire le plus rapidement possible notre dépendance au pétrole et au gaz. Cela doit être intégré aux mesures de relance, en dépit du bas prix du pétrole. 


Pour le moment, ce prix faible permet de reconvertir les exemptions fiscales et autres subventions aux énergies fossiles. Et il souligne l’urgence d’établir un prix plancher au système européen d’échange de quotas carbone, pour que le signal prix ne s’écroule pas durant la crise. 

   


Cette crise sanitaire dramatique ne va-t-elle pas nous obliger à repenser le capitalisme ?





Joseph Stiglitz : Elle va nous faire profondément réfléchir à notre modèle. Dans tous les pays capitalistes, nous allons devoir prendre conscience de notre grave sous-­estimation de l’importance du rôle de l’État, des services publics, de l’action collective, de l’aspect protecteur de la communauté, de notre dépendance à la recherche, des dispositions de la santé pour tous, de la lutte commune contre le changement climatique. 


Nous allons devoir réfléchir à la profonde décomposition du capitalisme. Trop égoïste, trop obsédé par le marché et le profit à court terme, trop dépendant du monde des actionnaires, trop inégal. On a besoin de perspectives plus sociales, plus collectives, et inévitablement de plus fortes régulations, tant financières qu’écologiques. 


On le voit aujourd’hui, le capitalisme tel qu’il a évolué ne fonctionne plus. C’est criant dans le domaine environnemental, avec toutes ces compagnies pétrolières qui causent d’énormes dégâts écologiques sur la planète et dans les océans, sans cesser d’amasser les profits, alors que le fardeau des risques et des nuisances est à supporter par le public. 


Les industries minières sont elles aussi dans le déni des effets négatifs de leur exploitation des ressources géologiques, elles persistent à nier le réchauffement climatique et tentent d’en persuader le public en soudoyant de prétendus « experts ». Ce comportement me rappelle celui des compagnies de cigarettes, qui connaissaient l’extrême dangerosité de leurs produits, mais l’ont niée des années durant. Moi, j’appelle cela de la turpitude morale. La crise du capitalisme est autant morale qu’économique. On va voir en 2020 ce que vont nous dire les capitalistes qui ont précipité la crise de 2008 ! 


Entretien : Antoine Lannuzel / Frédéric Joignot I Publié le 16 Juillet 2020

mercredi 8 juillet 2020

Grandes villes conquises par les écologistes : on a comparé les 8 programmes


We Demain : Morgane Russeil-Salvan I Publié le 1 Juillet 2020

Une "vague verte" a emporté plusieurs villes majeures lors du second tour des municipales. Nous avons épluché les programmes des listes victorieuses et dressons le portrait de la "municipalité verte" pour laquelle les électeurs ont voté. 







Même Bordeaux a pris un coup de vert. La girondine était à droite depuis 73 ans mais c'est bien un écologiste – Pierre Hurmic – qui sera son nouvel édile, lui qui a fait liste commune avec le PS et le parti communiste. Bordeaux fait partie des grandes villes à avoir été emportée par la "vague verte". À ses côtés : Annecy, Besançon, Grenoble, Lyon, Poitiers, Strasbourg et Tours. Les électeurs de ces huit villes ont tous choisi un ou une maire écolo, mais ont-ils été élus sur le même programme ? Nous es avons décortiqué pour identifier les grandes tendances programmatiques de cette vague verte.


Une ville "neutre en carbone"

Réduire les émissions de gaz à effet de serre est une ambition partagée par l'ensemble des listes. Et cela passe par l'accélération de la transition énergétique. 
 
À Bordeaux, tous les nouveaux bâtiments devront être neutres ou à énergie positive.
Grenoble et Tours visent la "neutralité carbone" d'ici 2050 et Annecy ambitionne d'y parvenir                     plus vite, d'ici 2040. Strasbourg compte atteindre les 100 % d'énergies renouvelables en 2050.
Besançon compte rejoindre le réseau des Territoires à Énergie Positive, créé en 2011, dont le                     programme comprend notamment la réduction de la consommation énergétique, ainsi que le                         développement des transports propres et des énergies renouvelables.
À Poitiers, la liste écolo projette même de créer un patrimoine municipal et intercommunal à                     énergie positive : c'est à dire de veiller à ce que le parc immobilier de la commune produise                         davantage d'énergie qu'il n'en consomme.
 
La réduction des émissions de carbone passe aussi par une réforme des transports : dans toutes les villes passées au vert, l'usage du vélo s'annonce largement subventionné. Besançon compte débourser 2 millions d'euros par an dès 2020 pour le développement et la sécurisation des pistes cyclables. Bordeaux envisage un "plan d'urgence vélo métropolitain" de 350 millions d'euros sur toute la mandature. La girondine souhaite également créer un "RER V", tout comme la ville de Lyon qui, elle, devrait équiper gratuitement 10 000 jeunes en bicyclette. On notera également que Strasbourg et Bordeaux n'ont pas oublié les municipalités alentours : elles proposent le développement de pistes cyclables reliant les différentes communes de leur métropole.

La gratuité totale des transports en commun, en revanche, n'est présente dans aucun programme. Plusieurs villes font pourtant des pas en ce sens : ils seront gratuits pour les moins de 11 ans à Tours, pour les jeunes sans ressources à Bordeaux et Strasbourg, pour tous les plus faibles revenus à Lyon et tous les samedis à Besançon.

Le végétal s'invite en ville

On commence à bien connaître le phénomène des îlots de chaleur urbain : des élévations localisées des températures, enregistrées en milieu urbain et anormales par rapport aux zones rurales voisines. En cause : le (faible) espacement entre les bâtiments, la concentration humaine et l'imperméabilisation des sols. En effet, le béton et le goudron absorbent la chaleur la journée et la libèrent pendant la nuit et c'est sur ce point qu'il est possible d'agir : dans les villes de la "vague verte", on compte bien atténuer l'impact des canicules en re-végétalisant les rues.

Mais si toutes parlent de "végétalisation" ou de "création d'îlots de fraîcheur", les mesures les plus fortes sont celles de Tours – qui compte planter 30 000 arbres pendant la mandature – de Poitiers – qui s'est fixé l'objectif de 200 000 arbres et arbustes sur toute son intercommunalité – et de Lyon, où l'on parle de "forêts urbaines de 3 à 5 hectares". 

Le végétal s'invite également sous une forme agricole : si toutes les listes vertes proposent de soutenir le développement de l'agro-écologie autour de son territoire, plusieurs d'entre elles envisagent d'expérimenter l'agriculture urbaine. Maraîchage urbain, micro-fermes et vergers municipaux sont cités dans les programmes de Besançon, Grenoble et Strasbourg. À Poitiers, l'objectif est d'atteindre l'autonomie alimentaire grâce à un programme de conversion vers l'agriculture biologique et à une ceinture agricole tout autour de la ville. 

Les métropoles s'annoncent donc plus végétales, jusque dans les assiettes : toutes les listes proposent de réduire la quantité de protéines animales au menu des cantines scolaires et d'augmenter la part de produits locaux et bio. Pour la plupart, les listes proposent de remplacer la viande par des protéines végétales au moins deux fois par semaine, mais il y a des variantes. À Besançon, l'achat de viande pour les cantines devra être conditionné à des critères de bien-être animal tandis qu'à Bordeaux, Grenoble et Tours, une alternative végétarienne sera disponible tous les jours. 

Vers une économie circulaire et de proximité


Aucune de ces listes ne s'est engagé sur la voie de la décroissance. Toutes entendent booster leur économie, mais Bordeaux, Lyon et Strasbourg proposent de conditionner les subventions et les commandes publiques à des critères écologiques. 

Les huit villes s'opposent également à la désertification commerciale des centre-villes. Besançon prévoit un "moratoire au niveau de la communauté urbaine afin de mettre un coup d'arrêt au surdimensionnement des surfaces commerciales" tandis qu'Annecy et Poitiers, plus radicales, comptent interdire toute nouvelle construction de centre commercial en périphérie de leur ville. 

Autre mesure fortement mise en avant : celle des Territoires Zéro Chômeurs de longue durée. Mis à part Grenoble et Annecy, qui ne mentionnent pas le dispositif dans leur programme, toutes les listes se disent prêtent à étendre ou à expérimenter cette innovation sociale, qui consiste à proposer aux personnes au chômage d'exercer des missions d'intérêt public.