lundi 18 juin 2018

Cédric Villani à la Fondation Vuitton.

À l’occasion de l’exposition « Au diapason du monde», un programme de rencontres est organisé réunissant des artistes et des scientifiques, sociologues, anthropologues, philosophes.


Cette Rencontre est retransmise en live sur le site web de la Fondation.

Cédric Villani  interviendra sur le thème : 

Quel(s) nouveau(x) lien(s) entre l’Homme et son environnement ?
 L’oeuvre d'art comme création de l'imaginaire est-elle « pensable » au regard de l'Intelligence Artificielle ? L'Intelligence Artificielle peut-elle créer une oeuvre d'art?

Les artistes d’aujourd’hui, se font l’écho des recherches privilégiées pour saisir et comprendre l’unité des innombrables formes de vie qui tissent notre monde au-delà de la distinction entre l’humain, l’animal, le végétal voire le minéral.

L'exposition « Au diapason du monde» est conçue, à partir d’une thématique précise qui renvoie aux questionnements actuels liés à la place de l’humain dans l’univers, et à la nouvelle approche qui lie l’homme à son environnement et au monde du vivant.

Cédric Villani est mathématicien, président du Fonds de dotation de l'IHP, professeur à l’Université Claude Bernard Lyon 1 et, depuis juin 2017, député de la 5e circonscription de l’Essonne. Lauréat de la Médaille Fields en 2010, il a dirigé l’Institut Henri Poincaré de 2009 à 2017. 

En France comme à l’international, Cédric Villani contribue inlassablement au rayonnement des mathématiques auprès des médias et de la société avec une attention particulière portée sur l’éducation et les relations entre science et société. Il est 1er Vice-Président de l’Office Parlementaire d’Évaluation des Choix Scientifiques et Technologiques (OPECST) et a été chargé par le gouvernement d’une mission d’information sur l’intelligence artificielle. Il a également copiloté, avec l’Inspecteur Général de l’Éducation Nationale Charles Torossian, une mission sur l’enseignement des mathématiques.

Philippe Bloch : "La relation client" au Club des 200 de la Banque Postale


Vendredi 15 juin,  Philippe Bloch intervenait sur « La relation client » au Club des 200 au siège de la Banque Postale dirigée par Rémy Weber.

Philippe Bloch
Philippe Bloch est un slasher. Il cumule plusieurs vies en même temps. C’est avant tout un entrepreneur qui a notamment développé l’entreprise Colombus Café à partir d’un projet formidable : avoir comme objectif de rendre les gens heureux chaque matin. Egalement auteur de livres depuis trente ans, il a notamment écrit un ouvrage sur l’optimisme «Ne me dites plus jamais bon courage» et plus récemment «Tout va mal, je vais bien, comment vivre heureux dans un monde de merde». Il est aussi animateur sur BFM Business, passionné d’entreprenariat et Business Angel.









jeudi 14 juin 2018

"La révolution digitale créé un modèle hyper capitaliste et non inclusif ", s’inquiète Gilles Babinet

Gilles Babinet

Le "digital champion" Gilles Babinet a dévoilé jeudi 7 juin à la presse l’analyse des paradigmes économiques à l’heure du numérique qu’il fera à la conférence USI (unexpected source of inspiration). Une analyse qui l’amène à plaider pour une nouvelle approche politique face aux Gafa. 

"Pour avoir une pensée politique sur la révolution numérique, il faut comprendre quel modèle économique cette révolution crée" Tel est le postulat de Gilles Babinet, multi-entrepreneur et défenseur du numérique pour la France auprès de la Commission européenne. Le "digital champion" s’est donc prêté à cet exercice de décryptage, qui fera l’objet d’une présentation lors de la conférence USI (unexpected source of inspiration) fin juin et qu’il a dévoilé en avant-première à la presse jeudi 7 juin.

"La révolution digitale créé un modèle hyper capitaliste et non inclusif qui est vraiment inquiétant", a estimé Gilles Babinet, après avoir comparé le fonctionnement du modèle industriel du XXème siècle à celui créé par les géants des plateformes tels que les Gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon )


Pour une vraie circulation des données

Selon l’entrepreneur, le modèle créé par Ford a permis de créer "un système expansif" car il repose sur la productivité de salariés faiblement qualifiés, poussant les employeurs à participer au financement de la formation et du système social. A l’inverse, "dans le modèle des plate-formes numériques, qui font travailler des indépendants et quelques salariés à haute valeur ajoutée, peu de personnes contribuent au système social et la richesse créée, du fait de son caractère immatériel, peut partir dans les paradis fiscaux". 

Gilles Babinet plaide donc pour deux actions face aux Gafa : "Il faut les sanctionner sévèrement pour leur évasion fiscale et leur demander de financer leur disruption sociale." Outre la régulation, le digital champion appelle à de ses vœux une nouvelle vision politique face à la révolution numérique. "La portabilité des données est une première étape, mais pour réellement casser les barrières autour des Gafa, il faudrait une vraie circulation des données, qui permette à tout le monde d’exploiter leurs données dans le même timing", fait valoir le digital champion. Et de confier que l’idée n’avait pas vraiment séduit Sheryl Sandberg, la numéro deux de Facebook, quand il lui en a parlé. 


Source : Usine Nouvelle - 6 juin 2018

Gilles Babinet : Réinventer notre soft power à l'ère digitale



En 2017, la France grimpait à la première place du classement annuel Soft Power 30, symbole d’une influence retrouvée à l’international suite à l’élection d’Emmanuel Macron. Nier l’importance d’un tel classement serait une erreur, tant la bataille pour l’influence est devenue primordiale au XXIème siècle avec l’avènement des outils digitaux. Cependant, la voix forte que nous avons retrouvée pourrait un jour devenir inaudible sans la refonte nécessaire de notre audiovisuel extérieur, qui n’a su pleinement se saisir des opportunités apportées par la révolution numérique.


Des canaux digitaux sous-exploités
S’il est difficile désormais de contester que le numérique ne soit entré de plain-pied dans les politiques publiques, il reste cependant quelques domaines où cet état de fait tarde à se traduire dans la réalité : il en est ainsi de l’audiovisuel extérieur de la France.

Il est étonnant d’observer combien en son sein, les moyens restent principalement affectés à la radio et la télévision. S’il est indubitable que ces canaux permettent de toucher largement des publics lointains et épars, le constat peut être aussi fait que ceux-ci sont déclinants et surtout, manquent largement la cible de la génération montante ; un fait d’autant plus grave qu’en Afrique par exemple, les moins de 25 ans représentent près de 65 % de la population totale. 

Lors de son discours prononcé à l’Académie française, le président de la République a particulièrement insisté sur la nécessité pour la Francophonie de se saisir de ces outils numériques comme d’une opportunité historique afin de repenser son influence au travers de contenus pédagogiques, médiatiques, académiques ou encore culturels. Pourtant, Internet reste ô combien le parent pauvre de la politique d’influence de la France et notamment médiatique. C’est d’autant plus surprenant que les réseaux sociaux constituent aujourd’hui dans de très nombreux pays la principale, voire l’unique source d’information. Il semble donc que ces dynamiques étrangères ne sont pas perçues à leur juste valeur par ceux qui définissent la stratégie d’influence médiatique extérieure de la France. 


La nécessité de se replacer dans un échiquier mondial en mouvement
En matière d’influence médiatique, l’heure est aux grands mouvements :  la Chine réorganise ses médias d’État pour que sa voix soit plus forte à l’international ; l’agence turque Anadolu a multiplié ces dernières années les ouvertures de bureaux, en particulier en Afrique et dans le monde arabe ; la Turquie - encore - inonde les écrans du monde arabe avec ses séries ; enfin, Russia Today - et ses déclinaisons en langues étrangères - recrute des dizaines de journalistes partout dans le monde pour alimenter ses comptes et ses pages sur les réseaux sociaux. Sans compter sur l’État islamique qui a fait des réseaux sociaux et de l’Internet son principal canal pour recruter et convertir des jeunes du monde entier, notamment grâce à des vidéos.

Russie, Turquie, Chine... Tous ces candidats en quête d’influence adaptent leurs outils et leurs offres au contexte et aux usages du XXIème siècle. Alors qu’ils étaient principalement organisés comme des outils de “diffusion”, les instruments d’influence médiatique, souvent nés pendant la guerre froide à l’époque où le numérique et Internet n’existaient pas, sont aujourd’hui devenus des producteurs et des agrégateurs de contenus. Car, sur Internet, l’influence passe par le volume de contenus disponibles d’une part, et par leur disponibilité sur les “carrefours d’audience” que sont les grandes plateformes comme Facebook, Youtube ou Twitter d’autre part. C’est en partant de ce constat que la politique publique relative à l’influence de la France dans le monde, ainsi que les outils et moyens dédiés, devraient aujourd’hui être entièrement repensés. Si les contenus médiatiques français et plus généralement européens ne sont pas massivement disponibles sur les grandes plateformes du web, notre influence dans le monde continuera à décliner au profit des idées véhiculées par d’autres puissances.


Atteindre les audiences avec des sujets marquants et des outils efficaces
L’enjeu est donc de savoir si la France délaissera la bataille communicationnelle au profit de ces acteurs, notamment vis-à-vis de la jeunesse, ou si elle choisira d’exploiter les mêmes outils qu’eux.

La question mérite d’autant plus d’être posée que, contrairement à ce que laisse supposer la théorie de certaines agences communicationnelles et d’informations spécialisées, le salut de notre influence numérique ne réside pas nécessairement en l’augmentation des moyens qui lui sont consentis. La sélection de sujets pertinents, qui parlent à l’audience visée en faisant appel à un imaginaire qui lui est propre, est le véritable catalyseur d’une influence digitale forte. Cette définition de sujets cibles aura d’autant plus de chances d’être efficace si, tout en utilisant la société civile comme émetteur, elle reprend des éléments de mythologie télévisuelle permettant de susciter l’intérêt des jeunes esprits, tout en réintroduisant des éléments factuels. En effet, l’importance des séries et du cinéma dans la construction des références collectives de la jeunesse n’est plus à démontrer. Daesh l’a d’ailleurs malheureusement bien compris, ses outils de propagande jouant fortement sur cette corde.

L’ensemble de cette réflexion sur l’influence digitale de la France semble particulièrement d’actualité alors que le Président a annoncé le rapprochement de l’Institut français et de l’Alliance française. Quant à France Médias Monde, née dans un contexte de redéploiement des ambitions de la France à l’étranger, il serait nécessaire d’en parachever la mue en transformant ses outils radiophoniques et télévisuels historiques en un puissant agrégateur numérique des meilleurs contenus produits par l’ensemble des médias français. Charge à France Médias Monde de rendre ces contenus les plus visibles et accessibles possible, sur les grandes plateformes – Facebook, Youtube… – fréquentées quotidiennement par des centaines de millions de personnes partout dans le monde.

Si notre pays semble désormais parti pour se transformer en profondeur et s’adapter au monde du XXIème siècle, si les visites à l’étranger du président Macron suscitent beaucoup d’espoir et d’attentes grâce à des prises de position fortes en faveur du climat, des jeunesses, du numérique et de l’intelligence artificielle, il est urgent que la France utilise à pleine puissance les médias numériques pour faire vivre ces idées et fédérer autour d’elles. La transformation des instruments d’influence de la France à l’étranger ne peut se résumer à un changement de communication et à des adaptations cosmétiques. Dans la poursuite de la logique posée par les réformes en cours dans les transports, dans la santé, dans la culture et dans l’agriculture, la politique d’influence de la France à l’étranger doit être revue en profondeur et doit être portée par de réelles ambitions. Une nouvelle rénovation de façade pour ne fâcher personne et pour ne pas remettre en cause des situations acquises – comme il y en a déjà eu depuis 20 ans – ne permettra pas de stopper le déclin de notre influence dans le monde.