vendredi 26 février 2021

Benoite Groult - France Culture

 "LE MLF A PERMIS AUX FEMMES DE SORTIR DE LEUR ISOLEMENT"

Etienne Klein : l'appel du vide

 

France Culture : Histoire du handicap

 

Julia Kristeva : "La psychanalyse est une poétique"

 

https://www.franceculture.fr/emissions/les-chemins-de-la-philosophie/les-chemins-de-la-philosophie-emission-du-vendredi-26-fevrier-2021

La psychanalyse permet-elle de renaître ? Le langage permet-il de sublimer nos souffrances et complexes pour apprendre à mieux vivre avec, et donc à nous transformer ? Cours particulier en compagnie de Julia Kristeva.

 

lundi 15 février 2021

Nicolas Bouzou : «Notre désir de liberté n’est pas éteint, mais aiguisé, ces temps-


TRIBUNE - Certains de mes amis libéraux font fausse route en craignant que les atteintes actuelles aux libertés, justifiées par la pandémie, ne nous habituent à la servitude, plaide l’économiste et essayiste, Nicolas Bouzou.


Par Nicolas Bouzou


Nicolas Bouzou est le fondateur du cabinet de conseil Asterès.

La crise actuelle divise la famille libérale. Mais le clivage n’est pas entre les libéraux par principe qui placent la liberté au-dessus de tout et les utilitaristes qui placeraient l’efficacité au-dessus des principes et justifieraient pour cette raison confinements et couvre-feu. Le débat porte sur les outils de la liberté: comment sortir d’un enfermement qui nous est à tous difficile à vivre?

Il me semble que certains de mes amis libéraux ont un point commun avec les intellectuels de gauche: ils pensent élégamment mais faux. Tout à essayer de fourrer les faits dans leur corpus idéologique, ils en viennent à pointer du doigt des dangers quasi inexistants à court terme en oubliant les graves menaces que la crise actuelle fait peser sur nos sociétés. On ne compte plus les opuscules sur le risque que feraient courir les mesures de restriction sur l’État de droit ou notre capacité à demeurer des adultes.

Au fondement de ces analyses, une crainte: que les Français s’habituent aux contraintes et aux contrôles actuels, qu’ils apprennent à les aimer et que la servitude volontaire ne transforme nos pays en dictatures. En conséquence de ce diagnostic, une solution: relâcher les contraintes sanitaires, libérer l’économie, et tant pis pour les personnes les plus exposées au Covid-19: qu’elles restent chez elles, leur isolement vaut bien notre liberté et notre prospérité. Cette pensée peut faire un peu de buzz médiatique à court terme. Elle est pourtant moralement contestable et intellectuellement fallacieuse.

Toutes les périodes de restriction sont suivies d’une explosion des libertés dès que les interdictions sont levées. Les gens sortent, font la fête et l’amour

La société française serait-elle gagnée par la joie de l’enfermement? C’est exactement le contraire. En France, les sondages montrent que l’adhésion à d’éventuels reconfinements diminue avec le temps. Même en Israël, pays champion du monde de la vaccination et qui propose donc une sortie de crise, le récent confinement a été contesté. La forte augmentation des troubles psychologiques dans les pays développés, dont la France, semble en outre contredire l’idée d’une accoutumance aux restrictions. Les Français n’en peuvent simplement plus!

L’étude des guerres et des épidémies montre l’inverse de ce qu’attendent ces libéraux hostiles aux mesures de contrôle décidées par les pouvoirs publics. Toutes les périodes de restriction sont suivies d’une explosion des libertés dès que les interdictions sont levées. Les gens sortent, font la fête et l’amour, et ils manifestent comme nous aurons l’occasion de nous en apercevoir dès que ce gouvernement ou un autre remettra sur la table une réforme, même minuscule. Un libéral devrait comprendre qu’on ne désapprend pas la liberté, pas plus qu’on ne désapprend à boire de l’eau quand on est dans le désert sans sa gourde. On l’attend d’autant plus qu’on en est privé.

Ce ne sont pas les gouvernements qui sont méchants, mais le virus. C’est le virus qui nous prive de nos libertés, raison pour laquelle nous devons le mettre à distance ....


Pour lire l'article en entier

 https://www.lefigaro.fr/vox/societe/notre-desir-de-liberte-n-est-pas-eteint-mais-aiguise-ces-temps-ci-20210212


Source : Le Figaro

samedi 13 février 2021

Frédéric Lenoir : pourquoi ai-je envie de continuer à vivre ?

 

« Pourquoi ai-je envie de continuer à vivre ? » Un texte inspirant et précieux signé Frédéric Lenoir

En quelques heures seulement, ce petit texte a recueilli plusieurs milliers de réactions enthousiastes sur Facebook.

Photo : G;garitan / Wikimédia

Pour trouver le sens de sa vie, il faudrait au préalable se poser d’autres questions tout aussi importantes. C’est du moins ce que nous suggère Frédéric Lenoir dans un texte essentiel et précieux.

Dimanche 7 février 2021, Frédéric Lenoir (sociologue et écrivain spécialiste des questions touchant à la spiritualité) a partagé sur Facebook un extrait de son livre Vivre dans un monde imprévisible.

Ce petit texte clair et inspirant aborde un point universel qui concerne chacun de nous : le sens à donner à sa vie. Résultat : un succès immédiat et des milliers de réactions enthousiastes.

Le voici :

« Donner une signification à sa vie, c’est trouver des raisons de vivre. C’est tenter de répondre, même provisoirement, à la question : pourquoi ai-je envie de continuer à vivre ? 

Cette question est d’autant plus forte lorsque nous sommes confrontés à la proximité de la mort : au fond, est-ce que je me bats juste pour survivre, de manière pulsionnelle et par peur de la mort, ou bien est-ce que je souhaite encore vivre pleinement ? Qu’est-ce qui me semble essentiel, important, superflu ? Quelles sont les choses précieuses auxquelles je souhaite consacrer mon énergie pour le temps qui me reste à vivre ? Qui je pourrais aider et soutenir ? À qui pourrais-je transmettre quelque chose qui soit utile ? 

En m’interrogeant de la sorte, je peux parvenir à donner une signification à mon existence, à trouver des bonnes raisons de vivre. »


jeudi 11 février 2021

Boris Cyrulnik : "Les jeunes ont perdu le sens, ils ne rêvent plus"

 Dans son nouveau livre "Des âmes et des saisons" qui mêle éthologie, préhistoire et neurosciences, Boris Cyrulnik se penche sur la condition humaine et sur l’avenir de nos sociétés. C'est chez lui dans le Var qu'Emmanuel Kherad l'a rencontré pour "La librairie francophone".

Son dernier ouvrage, Des âmes et des saisons paru chez Odile Jacob, Boris Cyrulnik le définit comme un ouvrage de psycho écologie. Il  explique dans cet essai que depuis toujours, l'homme s'adapte à son environnement. 

Le retour à la terre

L'humain transhumant existe depuis toujours. Mais, aujourd'hui, il change de pâturages à chaque génération 

"J'ai connu la génération où les paysans fuyaient la campagne pour venir à la ville parce qu'à la ville, on vivait, on travaillait alors que la campagne, on mourrait. J'ai fait les dernières moissons d'avant-guerre où tout le monde participait à la moisson. C'est pour ça qu'il y avait trois mois de grandes vacances : tout le monde participait à la moisson. Et puis, les paysans devenaient seuls, endettés, alcooliques. Et pour ne pas être trop malheureux, ils venaient à la ville où ils trouvaient du travail. 

Quand je suis arrivé au monde avant la Seconde Guerre mondiale, il y avait deux mégapoles - aujourd'hui, il y en a vingt. Donc ça veut dire que maintenant, les conditions de vie à la ville sont tellement dures que les gens veulent retrouver le rythme de la campagne. Et maintenant, grâce aux machines, on peut de plus en plus travailler à la campagne." 

"Nous naviguons à vue, bousculés par les événements, et nous rendons là où le vent nous porte. Il nous faut reprendre un cap, une nouvelle direction, car nous venons de comprendre, à l'occasion de la pandémie qui vient de frapper la planète, que l'homme n'est pas au-dessus de la nature. Il n'est pas supérieur aux animaux, il est dans la nature". 

"On est des animaux et chaque animal est spécial. Les goélands ont une vue stupéfiante. Les chiens ont un odorat stupéfiant. Et nous, grâce à la parole, on a une aptitude stupéfiante à vivre dans des récits qu'on invente. Parfois ce sont des merveilles, des œuvres d'art, des explications et parfois ce sont des horreurs. Et on habite ce récit, on y croit, pour de bon, et c'est un peu ce qui nous gouverne. 

Sauf que depuis quelque temps, on a perdu la boussole. Les jeunes ont perdu le sens. "Qu'est-ce qu'on veut, à quoi on rêve ?" Ils ne rêvent plus. Ils sont prisonniers de l'immédiat, prisonniers du contexte. 

La violence des hommes a permis la survie, sinon l'espèce humaine aurait disparu. Donc, ça veut dire que"

"Si le virus provoque un effondrement qu'on n'arrive pas à remonter, il n'est pas impossible que la violence redevienne une valeur adaptative. Et les femmes sont moins douées pour la violence que les hommes". 

Les 1000 premiers jours

"C'est un constat, il y a plus de désespoir et de suicide dans certains endroits du monde, tempérés ou tropicaux, ces paradis sur terre donnent des pics de suicides. Très souvent, ce sont des conditions environnementales qui provoquent les pics de suicides. 

Mais la première condition environnementale déficitaire, ce sont les 1000 premiers jours de la vie. Si les bébés ne sont pas bien "sculptés" pendant les neuf mois d'utérus (où on a tous été les mammifères aquatiques), si votre mère est malheureuse parce qu'il y a la violence conjugale, parce que il n'y a pas de père, parce qu'il y a la précarité sociale (c'est le principal facteur de stress de la mère) eh bien le bébé qu'elle porte est altéré. Si on sécurise la mère par la présence du mari, par la famille, par la culture, le bébé aussitôt se débrouille pour reprendre un bon développement. 

Voilà un raisonnement écosystémique. Quand la mère est stressée, elle s'adapte au stress en sécrétant du cortisol et en sécrétant des catécholamines, l'adrénaline surtout, qui sont les substances qu'on sait doser. Si le stress est chronique, l'accumulation de ces substances finit par franchir la barrière placentaire et pénétrer dans le liquide amniotique et le bébé déglutit du liquide amniotique bourré de cortisol, bourré de substances du stress qui abîment son cerveau"

"D'où la nécessité, politiquement, d'offrir aux femmes enceintes des conditions de grossesse tranquilles pour que la mère puisse être apaisée et que le bébé se débrouille pour bien se développer".

L'adolescence

Boris Cyrulnik parle beaucoup des adolescents dans cet ouvrage. Les ados dans leur contexte, dans leur milieu social, dans leur environnement. Et à ce propos, pourquoi les garçons sont-ils autant en retard par rapport aux filles concernant la puberté ? 

"Les garçons, probablement, ont deux ans de retard du développement à l'âge de 12 ans. C'est-à-dire que quand un garçon a 12 ans dans la même classe, la fille neuropsychologiquement a 14 ans. Les garçons ont un retard. 

Il y a plusieurs niveaux du retard. Certains disent que c'est génétique. Les filles sont XX, donc biologiquement plus stables. Un garçon est XY, c'est-à-dire que si une anomalie est portée sur un chromosome Y, elle s'exprime alors que pour les filles, si une anomalie est portée sur un chromosome X, elle est compensée par l'autre chromosome X qui ne porte pas l'anomalie. Donc, les filles sont avantagées génétiquement pour le développement."

L'environnement géographique joue également un rôle dans la puberté : "Les femmes enceintes en montagne mettent au monde des petits bébés et si elles mettent au monde des filles, ces bébés, quand elles deviendront adolescentes, seront réglés à 20 ans. Les mêmes femmes quand elles redescendent dans la vallée mettent au monde des bébés de poids normal. Et si elles mettent au monde des petites filles, elles seront réglées comme la moyenne de la population." 

La résilience

La résilience chère à Boris Cyrulnik et à laquelle il a consacré plusieurs livres, et en voici une démonstration. Il y a quelques années, le feu a ravagé la montagne au dessus de la maison de Boris Cyrulnik : le cap Sicié.

"Le Cap Sicié est résilient. C'est la définition de la résilience. Après l'incendie, les arbres étaient noirs, les troncs d'arbres étaient noirs. Tout avait disparu : les animaux, la flore… Deux ou trois ans après, on a vu réapparaître les chênes qui ne pouvaient pas se développer à cause des pins. Mais comme les pins avaient brûlés, les chênes se sont développés. On a vu réapparaître des bosquets, des cystes. Donc, on a vu réapparaître les petits gibiers entre les bosquets, donc on a vu apparaître les aigles qui avaient disparu." 


Deux ou trois ans après, la faune, la flore ont réapparu, mais ce n'était plus la même. C'est la définition la plus jolie que je connaisse de la résilience. 



lundi 8 février 2021

Christophe Bourseiller à la recherche d’un mystérieux écrivain


Son nouveau livre, En cherchant Parvulesco, part sur les traces d’un ami roumain de Godard et Rohmer, véritable phénomène de l’ombre.

Par Eric Neuhoff


«Couille molle»: c’est sa première réplique au cinéma. C’était dans La Guerre des boutons. Christophe Bourseiller avait 3 ans. Après une intervention pareille, il était prêt pour la suite: à 5 ans, il est le fils de Macha Méril dans Une femme mariée de Jean-Luc Godard. Dans Week-end (1967), «un film trouvé à la ferraille» selon son auteur, il tirait des flèches sur Jean Yanne et Mireille Darc en les traitant de «communistes». Le réalisateur était un ami de la famille - mère comédienne, père producteur, beau-père metteur en scène. La Chinoise a été tourné dans l’appartement des Bourseiller et les héros de Bande à part conduisaient leur brave Simca décapotable. Tout cela très folklorique.


Le Danube à la nage

Comme un personnage de Chaïm Potok, Christophe a été adulte trop tôt. «Je n’ai pas connu la légèreté de l’enfance.» Les Godard, il ne les a pas tournés, il les a «subis». Les Bourseiller n’ont plus revu le cinéaste après son accident de moto en 1971. Le jeune Christophe lui écrivait. Le génie maoïste ne lui répondait pas. Ils se croisèrent un jour de 1983 dans un restaurant des Champs-Élysées et se dirent à peine bonjour. Entre-temps, l’adolescent avait été l’inoubliable Lucien en duffel-coat d’Un éléphant ça trompe énormément qui disait à Danièle Delorme: «J’aime vos seins, surtout le gauche.» Il y a autre chose.



Christophe Bourseiller vient de publier 
En cherchant Parvulesco, aux Éditions de la Table ronde. Patrice Normand/Leextra via LEEMAGE/La Table ronde

« Godard séduisait le monde entier, tandis que Parvulesco peinait à faire entendre une parole au mieux irriguée par le rêve »

Dans À bout de souffle, Jean-Pierre Melville prononce sur une terrasse d’Orly la formule d’anthologie: «Devenir immortel, et mourir.» Il incarne un célèbre écrivain baptisé Parvulesco. Il existait un vrai Jean Parvulesco. Ami de Godard et de Rohmer, ce Roumain avait fui son pays en traversant le Danube à la nage. En 1960, il prétendait dans des revues espagnoles que la Nouvelle Vague était d’essence «fasciste». C’était pour s’en féliciter. Ce proche de l’OAS cultivait le mystère et les amitiés. La renommée le fuyait comme la peste. Une cinquantaine de titres parurent chez des éditeurs confidentiels, Traité de la chasse au faucon (1984), La Spirale prophétique (1986), Le Soleil rouge de Raymond Abellio(1987). Il fréquentait Pascal Jardin et Maurice Ronet, apparaissait dans une scène avec François-Marie Banier chez Lipp dans L’arbre, le maire et la médiathèque (1993).


Génie ésotérique ou mythomane? Le musicien Bertrand Burgalat, qui lui avait rendu visite dans son minuscule appartement du 16e arrondissement, concluait: «Si ça se trouve, il était né à Cachan.» Invité par Bourseiller à «Ce soir (ou jamais)!», de Frédéric Taddeï, Parvulesco resta muet pendant toute l’émission avant de lâcher en guise de conclusion: «C’est technique.» Ce phénomène de l’ombre disparut quelques mois plus tard en 2010.


Godard-Parvulesco, ces silhouettes tutélaires planent sur ce récit d’une douce mélancolie, cette enquête en points de suspension. «L’un séduisait le monde entier, tandis que l’autre peinait à faire entendre une parole au mieux irriguée par le rêve.»

«En cherchant Parvulesco», de Christophe Bourseiller, Table ronde, 126 p., 14 €.


Jean-Claude Ameisen : Aux origines d’une théorie - France-Culture

 La première édition de L’Origine des espèces de Darwin est épuisée le jour même de sa parution, le 24 novembre 1859. Que renferme ce livre essentiel ? En quoi la théorie de l'évolution a-t-elle révolutionné la pensée du vivant ?

Théorie de l'évolution Crédits :  Julie Delton - Getty

En 1831, Charles Darwin embarque à bord du Beagle comme naturaliste. Durant cinquante-sept mois, il arpente le globe et accumule une multitude d'observations. A son retour, il possède l’essentiel des éléments qui, une fois réinterprétés, reliés et mis en ordre, constitueront les points d’ancrage de sa théorie de l'évolution.


Jean-Claude Ameisen, médecin, chercheur, président d’honneur du Comité consultatif national d’éthique et auteur de l'émission Sur les épaules de Darwin sur France Inter

Charles Pépin, Julia de Funès... la mode du développement personnel agace les philosophes


Arnaque ou produit miracle ? Les philosophes dénoncent l'impact d'un développement qui semble n'avoir de personnel que le nom.




Pour Charles Pépin, la frontière entre philosophie et développement personnel n'est «pas très claire».JOEL SAGET / AFP


Plutôt que les conseils et les certitudes d'un coach, les enseignements et les questions de penseurs qui incitent à réfléchir: la mode du développement personnel agace les philosophes, lesquels plaident pour une pensée critique.


«Quand on voit tout ce qui dans l'époque invite à être soi - moi je suis ceci, je suis cela, etc. - eh bien moi non, je ne suis pas. Je deviens, je change, et la rencontre me fait changer», résume Charles Pépin, qui a publié La Rencontre, une philosophie, le 14 janvier aux éditions Allary.


Il y a de mauvais livres qui n'aident personne tellement ils sont mal faits


Charles Pépin

Pour lui, la frontière entre philosophie et développement personnel n'est «pas très claire». «J'ai toujours aimé, chez les philosophes, ceux qui étaient intéressés par le développement de la personne singulière: Bergson, Nietzsche... Pour moi, il n'y a pas de guerre avec le développement personnel. Il y a de mauvais livres qui n'aident personne tellement ils sont mal faits», dit-il.


Sa consœur philosophe Julia de Funès, qui avait signé en 2019 un cinglant «Développement (im)personnel, le succès d'une imposture» (éditions de L'Observatoire), trace pour sa part une démarcation très nette avec les vendeurs de recettes toutes faites.


«La philosophie a des points communs avec ce que le développement personnel prend comme terrain, par son questionnement: qu'est-ce qu'une vie réussie, qu'est-ce que la confiance en soi? Mais pas du tout dans la méthode, pas du tout dans la rigueur», explique-t-elle à l'AFP.


Sénèque face à Instagram


D'après elle, «la philosophie est âpre, elle est rêche, elle demande une initiation, des intercesseurs ou des cours. On n'y rentre pas si facilement. D'où le succès du développement personnel: c'est très facile à lire, on a l'impression de tout comprendre et d'être très intelligent, alors que quand on lit un philosophe, on peut se sentir bête.»


D'où la nécessité de vulgariser. C'est ce que tente l'avocat Nicolas Lisimachio, avec Ils avaient tout compris: le développement personnel selon les penseurs antiques (éditions Hachette), qui sort mercredi. Cet amateur de philosophie antique rassemble des citations d'Aristote, Épictète, Plutarque et d'autres, qui lui paraissent toujours d'actualité pour mener une existence digne et heureuse à notre époque.


«Jaloux de quelques-uns, nous ne voyons pas quelle foule nous avons derrière nous pour nous envier»: cette phrase de Sénèque illustre, par exemple, que derrière la façade brillante d'une vie exposée sur Instagram, il peut y avoir quelqu'un qui aurait bien des raisons de vouloir échanger sa place avec la nôtre.


«Quand on prend un coach, on place dans quelqu'un d'autre l'espoir de nous aider à nous développer. Le grand avantage de ces philosophes antiques, c'est que si l'on fait un travail avec eux, grâce à eux, on peut réussir à devenir son propre coach. En apprenant à réfléchir sur soi, à se réévaluer, à remettre les choses en perspective», affirme-t-il à l'AFP.


Le déclin à venir du coaching


Charles Pépin, quant à lui, nous replonge dans les leçons du philosophe allemand Hegel et dans sa «dialectique», qui nous appelle à nous confronter à des forces contraires.


«Hegel nous invite à l'action (...) Le conseil pratique qui est la conséquence de la philosophie hégélienne, c'est de dire: ne te contente pas de tes certitudes intérieures, essaie de les prouver objectivement, de manifester ta valeur dans des œuvres, des réalisations», rappelle-t-il. «Quand après avoir expliqué cette philosophie à un lycéen pendant deux heures, on lui dit: maintenant tu comprends, il faut que tu sortes de chez toi, que tu fasses des choses, le conseil porte beaucoup plus que quand c'est un coach qui n'a pas lu trois livres dans sa vie, et qui nous fait faire de la muscu le matin en disant: maintenant tu te bouges!»


Julia de Funès prédit le déclin à venir du coaching. «On va le voir avec quelques années de décalage, mais le développement personnel était très en avance aux États-Unis, et là il commence à y avoir beaucoup d'usages critiques sur ces approches. Les gens en reviennent parce qu'ils voient que ça ne marche pas, qu'il n'y a pas de recettes, qu'il y a beaucoup d'idéologie individualiste derrière, dont on est un peu lassé.»


Source : Par  et AFP agence

mercredi 3 février 2021

Abdennour Bidar : "Révolution spirituelle"

Abdennour Bidar, dans son nouveau livre-poème, adresse un vibrant appel pour une révolution spirituelle.

Partant du constat que ce monde capitaliste et consumériste nous oblige à vivre une existence sans âme, sans esprit et sans humanité, Abdennour Bidar lance un vibrant appel au monde contemporain pour qu'une révolution soit possible. Non pas une révolution violente comme par le passé, mais une révolution tout à la fois spirituelle et politique. Ni alarmiste ni insouciant, ni catastrophiste ni inconséquent, Abdennour Bidar est un optimiste conscient qui croit finalement aux forces de l'Esprit et à la capacité de la jeunesse de trouver en elle-même, dans un retournement intérieur vers l'Absolu, les puissantes ressources nécessaires pour nous sortir des impasses où l'exploitation du monde nous a perdus : impasse climatique, impasse économique, impasse matérialiste... Et si ce chant de révolte devenait le cri de ralliement de toutes celles et ceux qui sont en quête d'un monde plus humain et plus divin ! Et si nous étions à l'aube d'une humanité nouvelle, infiniment plus spirituelle !